Le juriste Thomas Bauer, expert en droit bancaire, présidera la Finma

Nomination Agé de 60 ans, le Bâloisva succéder à Anne Héritier Lachat dès janvier 2016

Membre de l’UDC, il estime que son appartenance ne jouera aucun rôle dans sa fonction

Pas de grand discours et quelques mots pour résumer son parcours professionnel. Thomas Bauer, le futur président de la Finma, a effectué une première apparition discrète mercredi lors d’une conférence de presse du Conseil fédéral. Après avoir mentionné qu’il était père de deux enfants, indiqué le nom de sa commune d’origine dans le canton de Bâle-Campagne, le successeur d’Anne Héritier Lachat à partir de janvier 2016 a formulé comme suit sa vision du rôle de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers: «La tâche la plus importante de la Finma est de poser des questions. C’est ce que j’ai fait durant toute ma carrière», a ajouté le docteur en droit âgé de 60 ans.

Après un passage au service juridique de l’ex-Union de Banques Suisses, il a effectué l’essentiel de sa carrière auprès du cabinet d’audit et de conseil Ernst & Young de 1994 à 2014, dont il a été partenaire depuis 1998. Actuellement, il exerce une activité à temps partiel au Tribunal cantonal de Bâle-Campagne.

De son côté, Eveline Widmer-Schlumpf a souligné que Thomas Bauer a été choisi à la suite d’un «long processus de recherche et d’évaluation». Les salaires proposés par la Finma sont-ils suffisants pour recruter du personnel à la tête de l’institution? En réponse à cette question d’un journaliste, la conseillère fédérale a assuré qu’il y a suffisamment de gens hautement qualifiés qui viennent à la Finma parce qu’il s’agit d’une activité passionnante, non pas à cause des salaires proposés.

Sur le plan politique, Thomas Bauer a précisé qu’il était membre de l’Union démocratique du centre (UDC) de Bâle-Campagne depuis la fin des années 1980. Toutefois, «l’appartenance politique ne joue qu’un rôle subordonné dans ce domaine. Les décisions d’ordre politique en lien avec la Finma sont prises ailleurs», a-t-il jugé.

Depuis un an, l’autorité de surveillance a retrouvé plus de stabilité suite à la nomination de Mark Branson à fin mars 2014. Celle-ci avait mis fin à un vide de trois mois à la direction de l’institution. En janvier 2014, le directeur précédent, Martin Raaflaub, avait remis son poste. Ces dernières années, la présidence du conseil d’administration a été moins exposée, du moins sur le terrain médiatique, que la direction. Qu’il s’agisse de Martin Raaflaub ou de Mark Branson, les directeurs de la Finma ont le plus souvent occupé le devant de la scène. L’inverse valait lorsque l’institution était présidée par Eugen Haltiner jusqu’à 2010.

Mercredi, le Conseil fédéral a aussi nommé trois nouveaux membres pour remplacer les départs déjà effectifs de Jean-Baptiste Zufferey et de Joseph Rickenbacher ainsi que de Paul Müller, à fin 2015. Son choix s’est porté sur deux femmes et un Tessinois. Il s’agit de Renate Schwob, 62 ans, ancienne vice-présidente du comité exécutif de l’Association suisse des banquiers (ASB); de Marlene Amstad, 47 ans, conseillère régionale de la Banque des règlements internationaux (BRI) à Hongkong. S’y ajoute le Tessinois Bernard Keller, âgé de 62 ans, ex-membre de la direction du groupe Julius Bär jusqu’à fin 2014, lorsqu’il a pris sa retraite.

Ces dernières années, la présidence du conseil a été moins exposée aux critiques que la direction