banques

La justice américaine accable la politique anti-blanchiment de HSBC

Un rapport commandé par le DoJ ne sera finalement pas rendu public. Il aurait pu servir de «mode d’emploi» aux criminels souhaitant blanchir de l’argent

La justice américaine accable les mesures anti-blanchiment de HSBC

Banques Un rapport commandé par le DoJ ne sera finalement pas rendu public

Il aurait pu servir de «mode d’emploi» aux criminels souhaitant blanchir de l’argent

Un rapport d’expert commandé par la justice américaine accable HSBC. Selon cet audit, les systèmes anti-blanchiment de la banque sont si défaillants que l’établissement reste «gravement exposé» aux fonds d’origine criminelle. Pire: le «manque de compréhension» des mécanismes de blanchiment au sein du groupe fait peser un «risque sérieux» à l’intégrité du système financier.

C’est ce qu’affirme le Département américain de la justice (DoJ) dans un document publié lundi devant un tribunal de New York. La demande vise à empêcher la publication de l’audit de 1000 pages, dont les conclusions sont si embarrassantes, estiment les procureurs, qu’il doit être maintenu sous scellés.

La filiale américaine de HSBC avait été condamnée à 1,9 milliard de dollars d’amende en 2012 pour avoir blanchi les fonds des cartels de la drogue mexicains. Dans le cadre de ce règlement, la banque s’était engagée à renforcer de manière exemplaire ses contrôles anti-blanchiment, dans le monde entier. Un expert indépendant avait été nommé pour surveiller l’avancement de ces travaux dans toutes les divisions du groupe, y compris en Suisse. Son rapport final devait être rendu public début juin.

Ce ne sera pas le cas. Le DoJ redoute que la divulgation des faiblesses actuelles de HSBC puisse servir de «mode d’emploi» à des criminels pour blanchir leur argent.

«Le rapport de l’expert identifie des domaines dans lesquels la compréhension (par HSBC) du blanchiment et du crime financier est toujours lacunaire, explique le DoJ. Le rapport identifie des secteurs où les nouvelles règles de surveillance n’ont pas encore été mises en oeuvre, y compris dans des domaines où le manque de contrôles expose HSBC à un risque sérieux de blanchiment.»

Ces conclusions sont en contradiction avec les arguments invoqués par la banque après le scandale Swiss­Leaks. La banque avait alors assuré que les faiblesses à l’origine des cas révélés par la presse remontaient à une «période passée», et avaient été corrigées depuis.

Cet argument a également servi face à la Finma. L’autorité s’en est satisfaite, et a clos son enquête sur les pratiques de HSBC le 24 février dernier. Un porte-parole de la Finma avait expliqué que la surveillance des marchés financiers devait s’exercer «en fonction des problèmes actuels», et que les informations relayées dans la presse dataient de 2006-2007.

Le Ministère public genevois s’est à son tour basé sur les conclusions de la Finma pour considérer que les mesures annoncées par la banque avaient bien été mises en place, a expliqué Olivier Jornot jeudi. «Nous n’avons aucune défiance envers les organes actuels de la banque», a indiqué le procureur général.

«La compréhension du blanchiment et du crime financier est lacunaire chez HSBC»

Publicité