«La première fois que l’on m’a proposé de reprendre la présidence d’UBS, j’ai refusé. Mais la banque m’a contacté une seconde fois. Un premier entretien avec Oswald Grübel a eu lieu mercredi dernier (ndlr: un jour avant l’annonce de sa nomination au poste de directeur). Samedi, j’ai donné mon accord.» Le déroulement des événements présenté ce matin à Zurich par Kaspar Villiger, ancien conseiller fédéral jusqu’en 2003, démontre à quel point les choses se sont accélérées la semaine dernière.

Et qu’en est-il de Peter Kurer? «Jeudi dernier, j’ai informé mon entourage de mon intention de quitter mes fonctions. Ma lettre de démission a été envoyée vendredi matin au conseil d’administration d’UBS», indique le président d’UBS, qui ne se représentera pas le 15 avril prochain lors de l’assemblée générale de la banque. Cette décision n’a toutefois pas été prise sur un coup de tête. Dès novembre dernier, des discussions prospectives portant sur la succession à la direction d’UBS ont débuté, a souligné Peter Kurer. Il précise aussi qu’il quittera son bureau chez UBS à fin avril. Ensuite, il continuera de recevoir son salaire pendant encore six mois, comme le prévoit son contrat. Il ne percevra en revanche aucune indemnité de départ, insiste-t-il.

Son successeur, Kaspar Villiger, se contentera, lui, d’un salaire nettement plus modeste. L’ancien ministre des Finances ne percevra en effet que 850 000 francs par an, sans actions, ni bonus. «Un salaire identique à mon prédécesseur m’a été proposé (ndlr: 2 millions de francs). Après mûres réflexions, j’ai refusé de percevoir une telle rémunération. Pour deux raisons: d’une part, car mon objectif n’est pas de faire un saut dans ma carrière. D’autre part, car j’estime que mon salaire doit pouvoir se mesurer à d’autres postes comparables dans le domaine public», explique l’ancien conseiller fédéral. Son salaire a ainsi été calqué sur celui d’un membre du directoire de la Banque nationale suisse (BNS). «Ma future rémunération ne doit toutefois pas servir de référence pour mes successeurs», prévient-il.

Combien de temps restera-t-il à la présidence d’UBS, justement? «A l’âge de 68 ans, mon mandat est à la fois limité par des questions de santé et par des clauses statutaires. Une période allant jusqu’à cinq ans peut être envisagée.» En cas de besoin, la clause guillotine qui empêche de siéger au conseil d’administration d’UBS pourrait être renégociée.

Kaspar Villiger, 68 ans, a été conseillé fédéral entre 1989 et 2003, d’abord à la tête de l’armée, puis, huit ans durant, des finances. Retraité, il siège actuellement aux conseils d’administration de Swiss Re, Nestlé et de la NZZ, des fonctions dont il se retirera dès le 15 avril afin de se consacrer entièrement à UBS.