Luxe

Kering mise sur Marco Bizzarri pour muscler Gucci

Les analystes évoquent une «révolution» pour la marque italienne

Kering mise sur Marco Bizzarri pour muscler Gucci

Luxe Les analystes évoquent une «révolution» pour la marque italienne

Jeu de chaises musicales à la tête de Gucci. Pour remuscler sa marque phare en perte de vitesse, le groupe de luxe Kering a annoncé vendredi le remplacement du numéro un Patrizio di Marco par l’Italien Marco Bizzarri, qui chapeautait déjà une partie des activités luxe de Kering.

La directrice de la création Frida Giannini – qui est également la compagne de Patrizio di Marco – s’en ira elle aussi, mais un peu après le patron: lui au 1er janvier, elle fin février après la présentation de la collection femme automne/hiver. C’est un changement d’ère à la tête de l’une des plus grandes marques de luxe au monde. Si elle a généré 3,56 milliards d’euros de ventes l’an dernier, sa croissance s’est nettement tassée en 2013 (+2,2% à périmètre comparable), reculant même en 2014.

Dans une note citée par l’AFP, le courtier Mirabaud évoque «une révolution de la marque, qui perd un de ses meilleurs dirigeants, tout comme une directrice de la création qui a joué un rôle clé dans la définition de l’évolution créative du groupe».

Selon Kering, Patrizio di Marco a su «relancer avec brio» la marque Gucci et la stratégie de montée en gamme qu’il a initiée «a été essentielle pour reconquérir une clientèle plus sophistiquée» et «gagner des parts de marché sur le segment haut de gamme». Une stratégie qui sera «poursuivie» mais «c’est le moment pour Gucci d’entrer dans une nouvelle phase de développement», a expliqué une porte-parole de Kering. La marge de Gucci reste importante (31,7%) mais le résultat opérationnel n’a que faiblement progressé l’an dernier. Un problème car Gucci assure environ les deux tiers du bénéfice opérationnel de Kering, qui détient aussi Bottega Veneta, Yves Saint Laurent, Balenciaga ou Puma.

«Je suis un gitan»

C’est donc au tour de Marco Bizzarri, ceinture noire de karaté et amateur de taekwondo, de reprendre les rênes de l’entreprise. Ce père de trois enfants – marié à une professeure d’économie à l’Université de Modène – était depuis avril dernier le directeur général du pôle «Luxe-Couture & Maroquinerie» de Kering. Cet ancien consultant d’Accenture a rejoint le groupe PPR – devenu Kering par la suite – en prenant la tête de Stella McCartney en 2005.

Le nouvel homme fort de Gucci assure passer sa vie en avion, voyageant d’un pays à l’autre pour ouvrir, toujours plus loin, de nouvelles boutiques. «Je suis un gitan, toujours parti», rigolait-il lors d’une interview accordée au Monde en février de cette année.

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