Rachat

Kering s’offre l’horloger loclois Ulysse Nardin «au prix fort»

Le géant français du luxe acquiert l’une des dernières manufactures indépendantes. Les 360 emplois neuchâtelois ne devraient pas être touchés

Même si des rumeurs couraient depuis plusieurs semaines, l’annonce tombée en pleines vacances horlogères a surpris bon nombre d’observateurs. L’une des dernières manufactures indépendantes suisses, Ulysse Nardin, a été rachetée par le géant français du luxe Kering. L’ex-PPR – qui détient déjà les marques chaux-de-fonnières JeanRichard et Girard-Perregaux – a annoncé la nouvelle mercredi, en marge de la publication de ses résultats trimestriels.

Le montant de ce rachat, qui reste soumis à l’accord des autorités de la concurrence, n’a pas été articulé. Selon des experts du secteur, il pourrait avoir atteint treize fois le résultat brut d’exploitation (EBITDA) de l’horloger du Locle (NE), soit, selon les calculs des analystes, entre 650 et 700 millions d’euros (soit jusqu’à 850 millions de francs suisses). L’acquisition s’est faite «au prix fort» mais c’est «justifié», a estimé David Da Maia dans une note d’Aurel BGC publiée au lendemain et citée par l’ATS

Aucun des 360 postes des trois sites neuchâtelois ne sera perdu, selon Susanne Hurni, porte-parole de la manufacture.

«Cette acquisition permet à Kering de renforcer son pôle Luxe-Montres-Joaillerie avec un acteur complémentaire de ses autres marques», ont souligné les deux groupes dans un communiqué commun. «Les manufactures indépendantes sont rares, c’est une opportunité que nous nous devions de saisir», a relevé François-Henri Pinault, le patron de Kering. Ce rachat s’inscrit dans une «logique de concentrations des marques horlogères à forte identité», relève un observateur. Un exemple: en 2013, le groupe chinois Haidian s’était offert la marque Corum. Un an plus tard, le patron chaux-de-fonnier Antonio Calce avait été «libéré de ses fonctions» par le groupe chinois (aujourd’hui rebaptisé Citychamp). Un tel scénario ne devrait pas se présenter au Locle. «La direction restera inchangée», insiste la porte-parole d’Ulysse Nardin.

Informée depuis quelque temps des discussions relatives à cette vente, la commune du Locle ne se dit pas inquiète. «Aucune retombée négative n’est attendue dans la région. Les discussions que l’on a eues donnent plutôt l’impression qu’une certaine solidité va être amenée», commente le président de la ville Denis de la Reussille. L’entreprise, qui possède 20 boutiques dans le monde, va «poursuivre son expansion à l’internationale» selon le repreneur.

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