C'est le livre de l'espoir, du réveil, du refus de la France du déclin. Mathieu Laine rejette l'idée que la France aurait un ADN étatiste et qu'elle serait impossible à réformer. La France de Colbert est «championne du nombre de jours de grève, médaille d'or de la fonction publique, au sommet des classements de la misère fiscale et de la croissance molle». C'est le résultat d'erreurs commises depuis la Seconde Guerre mondiale, selon lui. Pétain dénonçait la faillite universelle de l'économie libérale. Le général de Gaulle a rejeté la libre concurrence, nationalisé des pans entiers. C'est le «bâtisseur d'un vaste système fondant toute sa confiance dans l'Etat». Il faut «tuer de Gaulle», écrit-il dans ce petit ouvrage très bien structuré dans sa destruction d'idées fausses.

Un virage est possible: la France, c'est aussi le pays qui a produit certains des plus grands penseurs de la liberté économique, les Bastiat, Turgot, Say, Tocqueville. Le revirement de la Chine, le décollage des pays de l'Est, l'accélération de Singapour prouvent que le fatalisme est déplacé. Le Canada a été sur le point d'être géré par le FMI. Avec Jean Chrétien, il a réussi à se redresser, à diminuer de 20% le nombre de fonctionnaires. La modernisation n'est pas impossible. La majorité des Français doit comprendre que «la réforme n'est pas une punition, mais une chance à saisir».

La voie à prendre, c'est celle de la concurrence et du marché, celle du respect de la liberté individuelle, le développement de la responsabilité, selon Mathieu Laine, qui avait déjà signé «La Grande nurserie». La France dépense pour chaque chômeur 27000 euros par an, soit 65% de plus que le revenu disponible par habitant. La méthode va à l'encontre du bon sens. C'est celle du tout à l'Etat: le nombre de fonctionnaires a progressé de 30% depuis 1980.

La Grande nation a besoin non pas d'une démarche idéologique, mais de l'application de principes de bon sens. Demain, est-ce que ce sera au tour de la France de réussir?