Valora étend ses activités en Suisse romande. Le groupe bâlois de commerce et de distribution a racheté les kiosques Naville pour 90 millions de francs. L’acquisition doit encore obtenir l’aval de la Commission de la concurrence.

LS Distribution Suisse (Naville) appartient à Lagardère Services, filiale du groupe français Lagardère, ainsi qu’à Tamedia Publications romandes, filiale du groupe Tamedia, a indiqué Valora lundi. Leurs parts s’élèvent à respectivement 65% et 35%. Le prix d’acquisition inclut la valeur immobilière du siège social situé dans le quartier de la Praille à Genève.

Les conséquences pour l’emploi ne sont pas encore connues, a indiqué à l’ATS une porte-parole de Valora. Naville, principal exploitant de kiosques en Suisse romande, compte 175 points de vente.

La société dispose aussi d’une importante plateforme logistique pour la distribution de produits de presse et la livraison d’autres produits et ainsi que d’articles «convenience». Elle approvisionne par ce biais plus de 1200 kiosques romands, selon le communiqué.

Cession programmée

Cette acquisition souligne «l’orientation stratégique de Valora sur le petit commerce de détail et donne naissance en Suisse à un réseau unique de points de vente», estime le patron du groupe bâlois Michael Mueller cité dans le communiqué.

«Cette opération constitue une nouvelle étape de la cession annoncée par Lagardère Services de ses activités de distribution de presse et de retail intégré», explique Lagardère dans un communiqué séparé. Pour rappel, le groupe français a déjà vendu Payot, filiale à 100% de LS Distribution Suisse, en juin. Les librairies ont été reprises par le patron de Payot Pascal Vandenberghe.

Le groupe français conserve encore en Suisse ses activités duty free et mode, précise-t-il.

L’annonce de cette acquisition a dopé le cours de l’action Valora à la Bourse suisse. Elle bondissait de près de 6% en début de matinée, dans un marché élargi SPI en hausse de quelque 0,2%.

Synergies en vue

L’intégration ne demande pas de grands investissements et pourra se réaliser l’année prochaine, selon Valora. La fusion permettra de générer des synergies à long terme au niveau des achats et de l’approvisionnement.

En 2014, Naville devrait dégager un chiffre d’affaires d’environ 340 millions de francs et un EBITDA de près de 16 millions de francs. Les synergies apporteront une contribution positive à l’EBIT dès 2016 et seront entièrement réalisées d’ici à 2017 au plus tard.

La division retail de Valora compte 2500 points de vente, en Suisse, mais aussi en Allemagne, au Luxembourg et en Autriche. Au premier semestre, elle a dégagé des revenus de 846 millions de francs, en hausse de 2,7%.

Le groupe dans son ensemble a plongé dans le rouge sur les six premiers mois, avec une perte nette de 8,9 millions de francs contre un bénéfice de 25,8 millions un an plus tôt.