Technologie

Kodak veut se relancer avec la blockchain

Après avoir raté le tournant numérique, la firme américaine veut éviter une nouvelle erreur. A court terme, le cours de son action, qui a doublé, profite surtout d’un engouement qui semble sans limite pour les cryptomonnaies

C’est devenu le mot magique. Dites «blockchain» (ou «bitcoin») et vous verrez votre action s’envoler en bourse. C’est à peu près ce qui s’est passé avec Kodak mardi soir. L’entreprise plus que centenaire a annoncé la création d’une cryptomonnaie, le KodakCoin, et d’une plateforme, KodakOne, de gestion des droits d’auteur basée sur la blockchain.

Le cours de la maison mère Eastman Kodak a ainsi plus que doublé, gagnant 121% dans le sillage de l’annonce et encore plus de 60% mercredi à 18h. L’idée est à la fois, pour les photographes, d’obtenir un paiement immédiat pour l’utilisation de leurs photos, mais aussi de scanner le Web pour vérifier que des photos enregistrées sur cette blockchain ne soient pas utilisées sans autorisation. Kodak s’est associé à Wenn Digital pour ce projet. Kodak lancera cette nouvelle monnaie via une ICO (initial coin offering) à la fin du mois.

Largement critiqué pour avoir raté le tournant numérique au point de devenir un exemple de ce qu’il ne faut pas faire (l’effet Kodak), Kodak essaie probablement de ne pas faire la même erreur avec la blockchain, que certains jugent aussi prometteuse qu’Internet à ses débuts. Kodak avait fait faillite en 2012 et en était sortie en 2013 en vendant la plupart de ses licences, notamment à Apple et Microsoft, mais sans redevenir l’entreprise emblématique des décennies précédentes. Basée à Rochester (New York), l’entreprise s’est ensuite concentrée sur la photo et l’impression numériques et sur les accords de licence.

«S’il vous plaît, arrêtez ça»

Le blog Alphaville du Financial Times est pour le moins sceptique. «Kodak tente une dernière tentative désespérée de retrouver une pertinence avec une cryptomonnaie.» Pour l’auteur encore: «Ecoutez, certains d’entre vous ont clairement programmé leurs algorithmes pour acheter n’importe quelle action qui lorgne les mots «blockchain» ou «cryptomonnaie». S’il vous plaît, arrêtez ça.»

Depuis quelques jours, plusieurs petites entreprises américaines ont profité de l’engouement spectaculaire pour les cryptomonnaies et la blockchain. Il a suffi à l’entreprise Long Island Iced Tea de se renommer Long Blockchain pour voir son action tripler. Lundi, la société Seagate Technology a bondi de 16% parce qu’un post de blog suggérait qu’elle entrerait dans ce secteur.

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