Créé en 1936 par le professeur Boehler, de l'EPFZ, ce n'est qu'en 1956 que le KOF effectue ses premiers sondages auprès des entreprises. Plus tard encore, le premier modèle macroéconomique est développé dans les années 60 par Jean-Christian Lambelet et Kurt Schiltknecht. Le modèle actuel intègre l'offre et la demande, et compte 150 équations, selon Bernd Schips, qui le dirige depuis 1993 et qui prend sa retraite fin décembre.

Les sondages sur la conjoncture et les rapports mensuels regroupent le quart des ressources du KOF, tandis que les prévisions de croissance, publiées deux fois par an, ne représentent guère plus de 5% des activités. Elles servent toutefois à d'autres travaux, par exemple pour simuler l'impact du changement d'une loi sur l'indice des prix.

Le KOF, dont le budget dépasse 2 millions, pour une trentaine de collaborateurs, finance une partie de ses activités par des mandats à des tiers, en Suisse et à l'étranger. Il s'agit de prévisions internationales, de sondages et d'analyses de la relation entre croissance, innovation et emploi.

Orientation sur les régions

Le BAK date lui de 1980, quand son CEO et chef économiste actuel, Christoph Koellreuter, crée un centre de recherches avec des économistes de l'institut Prognos et de l'Université de Bâle. Le groupe bâlois se concentre initialement sur l'économie allemande et spécialement sur divers secteurs économiques. Très tôt, il réalise que le monde de Siemens ou Daimler n'est pas focalisé sur l'Allemagne, mais sur le monde. S'il ne répond pas à ce besoin, des concurrents, sans doute américains, le feront. Il construit alors des modèles économétriques et sectoriels au niveau global.

Société anonyme depuis 1987, le BAK compte aujourd'hui 250 actionnaires, dont 50 institutions qui détiennent un cinquième du capital. Sur le plan philosophique, c'est une «entreprise de la société civile du nord-ouest suisse». L'orientation sur les régions démarre dans les années 90, en réponse aux effets de la globalisation.

Les régions, suisses ou européennes, veulent mieux connaître leurs concurrents. Le BAK en couvre 350 et observe l'impact quantitatif des facteurs qualitatifs de leur croissance. Les prévisions sur le PIB jouent donc un rôle modeste, si ce n'est en termes de notoriété. Elles se fondent sur un modèle qui met l'accent sur la détermination des variables de la demande, alors que l'offre n'est pas le point fort. Pour le moyen et long terme, ce sont d'autres modèles qui sont employés.

Le chiffre d'affaires du BAK devrait augmenter de plus de 25% cette année et dépasser les 4 millions de francs, profitant des progrès de la recherche sur les déterminants de la croissance des secteurs clés des régions.