Avant la réunion d'hier soir organisée par la Chambre de commerce et de l'industrie de Saint-Gall et Appenzell, Le Temps a pu s'entretenir avec Konrad Hummler:

Le Temps: Quelles sont vos propositions?

Konrad Hummler: Sur le plan fédéral, des divergences existent entre le Conseil national et le Conseil des Etats. Nous, c'est-à-dire la Chambre de commerce, préférons la seconde variante. Mais l'essentiel de notre message est ailleurs. Si un accord est si difficile à obtenir au plan fédéral dans le cadre de la réforme de l'imposition des entreprises II, situation compliquée par le référendum du Parti socialiste, il appartient aux cantons d'agir. Car nous pensons que leur marge de manœuvre est relativement élevée. Les chiffres indiquent que ces impôts contribuent très peu aux recettes totales. Pour Appenzell Rhodes-Extérieures, il s'agit de seulement 6% de l'impôt sur le revenu et à peine 2% de l'ensemble des recettes fiscales. En outre, ce ne sont pas des entreprises très rentables. En réalité, seules 10 à 15% des entreprises paient l'impôt et les autres n'en paient pas ou presque pas.

La situation diffère d'un canton à l'autre. La marge de manœuvre est plus grande à Appenzell Rhodes-Extérieures qu'à Saint-Gall, où le substrat fiscal est plus élevé et atteint 15 à 20%. Mais Saint-Gall peut aussi progresser à un moindre rythme.

A Appenzell, la diminution des recettes serait de 14 millions de francs. Mais la compétitivité du canton serait nettement accrue.

- Qu'en sera-t-il justement de l'effet sur la concurrence fiscale?

- Il est peu probable qu'une entreprise change de canton pour cette raison, mais sur le plan international une forte baisse de l'impôt sur les entreprises pourrait être très intéressante.

- Pourquoi à titre personnel voulez-vous une suppression de cet impôt?

- Il est impossible de le supprimer complètement en raison de l'harmonisation fiscale. Il y aura toujours un taux d'imposition sur les entreprises, même minime. On devrait toutefois le réduire le plus possible, l'amener à 12% sur le bénéfice. L'impôt sur le capital pour sa part est à supprimer. Une imposition de la substance de l'entreprise est un non-sens.

- La mobilité des entreprises et des cadres fera que c'est la classe moyenne qui paiera les recettes manquantes, non?

- Si les entreprises se déplacent en Suisse, leur management paiera l'impôt sur le revenu. Si des dividendes sont distribués, ils seront aussi imposés.

Il n'y a donc pas de baisse de substrat fiscal.

- Est-ce politiquement possible?

- Oui si l'on explique que cette politique est bénéfique au pays, crée des emplois et attire de nouvelles entreprises, elle sera plus facile à mettre en œuvre qu'une politique qui se concentrerait sur les seules personnes physiques. Un effet multiplicateur existe avec les entreprises.

- Est-ce que les salaires augmenteraient si l'impôt des entreprises diminuait?

- Par exemple. La Suisse, à l'image de l'expérience irlandaise, serait bien plus attractive auprès des jeunes entreprises de croissance.