La pandémie pointe son nez. Que font les marchés financiers? Violente baisse des actions, prévoit Société Générale. «Les obligations offriraient une meilleure protection que les actions, analyse JPMorgan. Si vous pensez que le risque de pandémie est réel, alors nous vous recommandons de réduire vos positions en actions.» Les valeurs refuges seront à privilégier. L'or, même s'il atteint déjà son record sur 25 ans à plus de 600 dollars, et le franc suisse devraient en profiter. «Parmi les classes d'actifs, nous identifions un seul support raisonnable: les bons du Trésor américain à horizon 2, 3 ou 5 ans», ajoute Exane BNP Paribas. Dans les périodes difficiles, les banques centrales baissent les taux, ce qui soutient les marchés obligataires.

Fermeture des Bourses

«Au plus fort de la crise, les Bourses fermeraient probablement faute de combattants», prévoit Philippe Lederrey, analyste financier à la Banque Privée Edmond de Rothschild.

Tous les secteurs seraient touchés. Mais pas avec la même intensité. Certaines actions seraient bradées sur fond de ralentissement économique et de chute du tourisme. Les petites et moyennes capitalisations, de même que les marchés émergents, volatils par nature, souffriraient particulièrement. Les actions des sociétés de luxe, dont 20% des ventes sont liées au tourisme, et les titres de la consommation au sens large, des compagnies d'aviation, des mines et des pétrolières se retrouveraient aussi sous pression. Tout comme les valeurs industrielles ou chimiques, cycliques, très sensibles à la conjoncture, et celles des réassureurs, des spécialistes de l'assurance-vie et des banques.

Bref, le virus H5N1 dans sa forme la plus virulente a de quoi déplumer les investisseurs. Les financiers ne perdent toutefois pas le nord, Exane BNP Paribas en tête: «Attention, les actions rebondissent ensuite en anticipation de la fin de la pandémie.»