Le centre de gravité de Kudelski se déplace vers les Etats-Unis. Mercredi soir, le groupe technologique basé à Cheseaux-sur-Lausanne (VD) a annoncé la création d’un deuxième siège à Phoenix (Arizona). Si la Suisse conservera le siège principal, le groupe a néanmoins annoncé que des emplois seront délocalisés aux Etats-Unis. De plus, le spécialiste de la sécurisation des contenus numériques publiera désormais ses comptes en dollars, et non plus en francs.

L’annonce de mercredi soir fait suite à plusieurs décisions prises ces derniers mois concernant un développement aux Etats-Unis. En octobre 2015, le groupe avait annoncé une extension de son site de Phoenix, avant de nommer l’Américain Rich Fennessy au poste de directeur de sa division de cybersécurité. Début mai, Kudelski faisait ensuite l’acquisition, pour un montant non dévoilé, de la société américaine Milestone Systems, active dans la sécurité.

Cybersécurité de plus en plus importante

Pour expliquer sa décision, le groupe expliquait mardi que «les opportunités de croissance sont désormais hors d’Europe, notamment aux Etats-Unis». La société mise actuellement beaucoup sur la cybersécurité, où un centre a été ouvert à Cheseaux, comptant plusieurs dizaines d’employés.

Kudelski veut aussi se protéger contre la force du franc. Cette force avait affecté les résultats du groupe d’environ trente millions pour l’exercice 2015. Pour mémoire, le groupe a réalisé l’an passé un bénéfice de 49,3 millions de francs (+47,7%) pour un chiffre d’affaires de 950,8 millions de francs (+7,2%). Dans son communiqué de mercredi, Kudelski estime que la force du franc continue à affecter sa profitabilité et sa capacité à investir, nécessitant les décisions ainsi prises.

«Pas un clone»

Kudelski sera toujours coté à la bourse suisse. Le siège de Cheseaux va être conservé, voire même développé, selon le communiqué de mercredi. «Le but n’est pas de cloner le siège actuel», affirme la société, dont la décision aura un impact sur l’emploi. «Un certain nombre d’employés sera invité à se déplacer à Phoenix», écrit la société, sans donner de chiffre sur le nombre de collaborateurs touchés, ni évoquer de licenciement.

Kudelski emploie 3200 personnes au niveau mondial, dont plusieurs centaines en Suisse. Ce seront principalement des fonctions de support qui seront transférées aux Etats-Unis, ainsi que des postes à responsabilité dans les divisions finance et juridique. Kudelski affirme que l’ensemble de ces mesures n’affectera pas ses résultats 2016, mais seront bénéfiques dès son exercice 2017.