Le jury populaire réuni par la Cour fédérale de Los Angeles n'a pas retenu les charges les plus graves lancées contre NDS, la filiale du groupe News Corp, dans un vaste procès pour espionnage industriel qui s'est clos hier après cinq ans de procédure.

Le vaudois Kudelski et le bouquet satellite Echostar, son client, accusaient NDS d'avoir engagé des hackers pour casser leurs codes de sécurité et d'être à l'origine d'une vague de piratage qui avait coûté plusieurs centaines de millions de dollars en recettes perdues pour la chaîne américaine. Les deux groupes demandaient 1 milliard de dollars de réparation.

Victoire à la Pyrrhus

Après une journée de délibération, le jury a donné raison aux plaignants sur trois de ses six accusations. NDS s'est donc rendu coupable selon une loi fédérale américaine en piratant certaines technologies du groupe vaudois. L'accusation d'association de malfaiteurs n'a pas été retenue. Le jury n'a accordé aux plaignants que le dédommagement le plus faible prévu par la loi, soit 1500 dollars. «Sur le plan factuel, NDS a été reconnu coupable sur des points importants, et ses méthodes ont été exposées au grand jour», se réjouit André Kudelski.

Les frais de justice ont été portés à la charge de NDS. Ceux-ci s'élèvent à plus de 20 millions de dollars pour Echostar. Les avocats de NDS se sont dits «satisfaits» par ce verdict. Ceux d'Echostar n'ont pas fait de commentaires.

Durant les quatre semaines qu'a duré le procès, les avocats de NDS on tenté de prouver que Kudelski et Echostar avaient également embauché des dizaines de pirates et avaient décortiqué - dans un cas - les produits d'un concurrent. Kudelski a toujours nié s'être livré à ces pratiques que NDS décrit comme habituelles dans l'industrie.

Malgré le passage à la barre de Charlie Ergen, PDG d'Echostar, et d'André Kudelski, les avocats d'Echostar, souvent mal préparés, n'ont pas été en mesure de présenter de preuves indubitables. Dans une évaluation des dommages présentée de manière particulièrement maladroite, Echostar n'a pas pu convaincre que le remplacement de 4 millions de cartes à puce était une conséquence directe du piratage de NDS.