Kudelski restructure. Le groupe va supprimer 110 emplois et 80 personnes devraient perdre leur emploi, dont une soixantaine dans le canton de Vaud. Le numéro un mondial des logiciels pour la télévision payante se sépare de 10% de ses effectifs et prépare la vente d'une unité. La société Precel fait les frais de cette réorganisation. Basée à Neuchâtel, cette dernière, qui emploie 30 personnes, fabrique des composants pour le groupe. Un acheteur se serait fait connaître et les négociations auraient déjà débuté.

Kudelski annonce que la baisse de la demande en Europe devrait quasiment réduire à néant le bénéfice 2002 du groupe, qui doit face à de nombreuses annulations de commandes. La réorganisation annoncée en début de soirée jeudi prévoit aussi un changement à la direction financière de la société. Dès le début de l'année prochaine, Mauro Saladini, un associé de McKinsey, remplacera Nicolas Götschmann qui devient «chief financial officer» de la principale entité du groupe, Nagravision.

Selon André Kudelski, les mesures prises devraient permettre de réaliser des économies estimées entre 22 et 27 millions de francs par an dès l'année prochaine. Autrefois star de la cote, Kudelski a perdu près de 70% de sa capitalisation boursière cette année, même si elle s'est beaucoup reprise depuis un mois grâce à EchoStar. La société américaine, qui compte comme le principal client du groupe suisse, a an-

noncé au troisième trimestre une hausse meilleure que prévue de ses abonnés.

Nombreuses acquisitions

La réduction de 10% des effectifs de Kudelski n'est pas une surprise. Son patron, André Kudelski, avait annoncé le 14 octobre qu'une restructuration paraissait inévitable. EchoStar venait alors de se faire bloquer par les autorités américaines dans sa tentative de reprise de DirecTV. Une transaction qui devrait donner un coup de fouet aux ventes de Kudelski, mais qui semble de plus en plus compromise. De plus, l'environnement semble difficile pour une société qui a conclu plusieurs acquisitions en peu de temps – les 1100 employés se répartissent dans une trentaine d'unités – et qui, dans une période de surcapacités, ne réalisent pas les espoirs mis en elles.

André Kudelski a déjà indiqué qu'il souhaitait se concentrer sur son cœur de métier: le contrôle d'accès, la télévision numérique et l'audio, activité historique de l'entreprise vaudoise. Cet ingénieur EPFL, qui avait repris en 1991 les rênes de la société créée par son père, s'avère très actif. Il intervient dans divers conseils d'administration (Nestlé, Swiss, Edipresse) et s'était vu reprocher par ses actionnaires sa dispersion. La nomination d'un nouveau responsable des finances semble répondre à cette inquiétude.