Tourisme

Kuoni trouve un repreneur allemand pour ses agences

Le groupe suisse a choisi l’allemand Rewe pour sécuriser les emplois

Kuoni trouve un repreneur allemand pour ses agences

Tourisme Le groupe suisse a choisi l’allemand Rewe pour sécuriser les emplois

Kuoni abandonne son métier historique. Le numéro un du voyage en Suisse, fondé en 1906, vend ses activités en Europe à Rewe, le géant allemand du commerce de détail. L’opération, dont le montant n’a pas été communiqué, devrait être finalisée au troisième trimestre de l’année.

En 2014, Kuoni a réalisé un bénéfice de 67,4 millions de francs. Un chiffre qui trahit pourtant un recul de la rentabilité du groupe. Le chiffre d’affaires s’est en effet tassé de 2,8%, à 5,51 milliards. De quoi justifier un désinvestissement? «Ce n’est pas une question de rentabilité mais une réorientation stratégique, rétorque le porte-parole de Kuoni Peter Brun. La maison mère zurichoise a décidé de recentrer ses activités sur les services aux professionnels du voyage et la gestion des demandes de visa.» Des services qui représentent déjà plus de 60% du chiffre d’affaires du groupe.

Les activités de voyagiste de Kuoni en Suisse, Grande-Bretagne, Scandinavie et Benelux ainsi que la compagnie scandinave Novair seront intégrées à DER Touristik, la filiale de Rewe, qui co-détient Coop-ITS-Travel. Les 2350 postes (équivalent plein-temps) du voyagiste seront maintenus, tout comme les marques Kuoni et Apollo, désormais exploitées par DER Touristik. «Pour nous, il était très important de trouver un repreneur qui n’était présent en Suisse que de manière marginale. Cela garantit une certaine complémentarité et permettra de maintenir toutes les agences.» Comme annoncé en janvier dernier, Kuoni poursuit le désinvestissement de ses activités historiques de voyagiste. Le groupe espère trouver d’ici à la fin de l’année un acquéreur pour ses activités en Inde et à Hongkong.

Réinventer les voyagistes

Les activités reprises par le groupe allemand Rewe ont dégagé, en 2014, des revenus nets de 2 milliards de francs. Un montant en recul par rapport à 2013. Le chiffre d’affaires des activités européennes et asiatiques de voyagiste de Kuoni s’est en effet contracté de 8,7%. Un phénomène structurel lié au développement des services de réservation en ligne et qui frappe tout le secteur.

«Les voyagistes doivent se réinventer», selon Roland Schegg, professeur à la HES-SO de tourisme de Sierre. «Les gens n’ont plus besoin de passer par une agence pour partir à Londres ou à Majorque. Ils attendent d’un voyagiste qu’il leur permette de sortir des sentiers battus. Le créneau des voyages expérientiels est porteur. Il ne s’agit plus de se contenter de vendre une nuit d’hôtel mais d’inclure au séjour une visite chez un vigneron local ou un cours avec un fromager. Cela a toujours existé dans les agences de luxe mais il y a un marché à prendre au niveau des classes moyennes.»

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