Le secrétaire général du syndicat français CFDT, Gilles Nicoli, est inquiet. Après l'annonce jeudi du désengagement de SAirGroup de TAP Air Portugal (lire Le Temps du 1er février), puis la non-participation du groupe helvétique dans le processus de privatisation de Turkish Airlines, communiquée vendredi, l'avenir d'AOM, d'Air Liberté et d'Air Littoral est au centre des préoccupations du syndicaliste. «Si SAirGroup décide de nous lâcher, nous n'avons pas, en comparaison avec les autres compagnies aériennes, le soutien de l'Etat pour nous en sortir», explique-t-il. Particulièrement remonté, Gilles Nicoli regrette encore que, pour des questions de concurrence, Air France n'ait pas pu racheter Air Liberté, mais que ce soit SAirGroup qui l'ait emporté. Lundi, une réunion est prévue avec le Comité d'entreprise et Paul Reutlinger (ex-PDG de Sabena), aujourd'hui président du directoire des trois compagnies françaises, pour discuter notamment de leur avenir.

Menaces sur Qualiflyer

En septembre, Paul Reutlinger démentait pourtant tout retrait de SAirGroup en France. Mais c'était avant la démission de Philippe Bruggisser, annoncée le 23 janvier. Qualiflyer, le réseau d'alliances tissé autour de Swissair en Europe, a depuis lors du plomb dans l'aile. Lourdement endetté par une stratégie d'expansion basée sur des prises de participation, le groupe helvétique a, depuis lors, décidé de tout remettre à plat. Malgré l'annonce de son retrait de TAP Air Portugal et de Turkish Airlines, SAirGroup confirmait vendredi qu'il resterait l'actionnaire principal de South African Airways (SAA). Le groupe conserve sa participation de 20% et son option prolongée jusqu'à la fin 2001 d'acquérir encore 10% de la compagnie. C'est sans doute à cause des résultats annuels positifs et des perspectives financières excellentes de SAA que SAirGroup conserve sa position.

Si Français et Portugais s'inquiètent, l'avenir de Turkish Airlines n'est pas en danger. Selon l'Office des privatisations turc, neuf investisseurs seraient intéressés. Les offres courent jusqu'au 28 février, et la vente devrait se faire en avril. La privatisation de Turkish Airlines fait partie d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), qui a ouvert à la Turquie, en décembre 1999, une ligne de crédits de 4 milliards de dollars.