Le label musical du groupe de K-pop coréen, BTS, est désormais coté en bourse. Son titre a rapidement doublé sa valeur. Ce succès était attendu, puisque la tranche d’actions proposées aux investisseurs ordinaires – par opposition aux investisseurs institutionnels – avait été sursouscrite plus de 600 fois avant la première cotation jeudi.

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BTS (abréviation de Bangtan Sonyeondan, qui signifie «Boy scouts résistants aux balles») est à l’heure actuelle un des plus grands phénomènes musicaux au monde et génère des milliards de dollars de revenus pour l’économie sud-coréenne.

Le groupe a encore assis en août sa position sur le premier marché musical de la planète quand son nouveau tube «Dynamite» s’est positionné en tête des hits aux Etats-Unis dès sa sortie.

Le label de BTS, Big Hit Entertainment, avait décidé d’un prix d’introduction de 135 000 won (107 francs) par action, soit le montant le plus élevé de sa fourchette indicative de prix. Mais quelques minutes après la cotation, jeudi, l’action avait déjà atteint sa valeur quotidienne maximale autorisée, 351 000 won.

Une bulle vouée à se dégonfler? 

Le titre a par la suite reculé, mais le label atteignait néanmoins une capitalisation boursière de 10 000 milliards de won (7,9 milliards de francs), plaçant la société dans le groupe des 40 plus grosses valorisations de Corée du Sud.

Le fondateur et président de Big Hit, Bang Si-hyuk, qui conserve une participation de plus de 36% dans l’entreprise, pesait 3,3 milliards d’euros (3,5 milliards de francs) au plus haut atteint par le titre, selon Bloomberg News.

Lors d’un événement organisé pour le début de la cotation, il a remercié «tous les fans qui ont toujours adoré et cru dans les artistes et les productions de Big Hit» et «nos remarquables artistes dont nous sommes si fiers».

L’entrée en Bourse fait également les affaires des sept de BTS, Bang Si-hyuk ayant donné à chacun d’eux plus de 68 000 actions en août, soit 1,4% de la société, pour une valeur d’environ 17 millions d’euros (18,2 milliard de francs) au cours le plus haut.

«En prenant en compte toutes les informations désormais disponibles sur l’entreprise, il se peut que le prix d’introduction soit le cours le plus bas qu’on verra jamais», a déclaré à l’AFP Park Sung-ho, de Yuanta Securities.

Certains actionnaires ont décidé de prendre d’emblées leurs bénéfices. «J’avais reçu deux actions que j’ai revendues. Avec 260 000 won (193 euros) de bénéfice, je vais m’acheter un manteau pour l’hiver», disait un internaute sur Naver, premier portail internet sud-coréen. D’autres s’inquiétaient d’une bulle vouée à se dégonfler: «Cela monte rapidement, et cela retombera bientôt rapidement», pronostiquait un internaute.

Service militaire pour les membres du groupe 

D’autant que l’avenir réserve à court terme un obstacle a priori incontournable pour Big Hit: le service militaire que les sept membres du Boys Band créé en 2013 devront réaliser. Tout homme apte doit en effet passer généralement 18 mois sous les drapeaux, dans un pays confronté à la menace nord-coréenne.

Ainsi Kim Seok-jin, 27 ans, dont le nom de scène est Jin, devra en l’état actuel des règles entamer son service fin 2021. Nés entre 1993 et 1997, les six autres seront appelés dans les années qui suivent. Le débat fait actuellement rage pour savoir si les stars comme BTS ne devraient pas bénéficier d’exemptions du fait de leur rôle dans le rayonnement culturel de la Corée du Sud, sans parler de leur impact économique.

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Mais aucune vedette de la K-pop n’a jamais été réformée pour cette raison. L’incapacité de BTS à assurer ses concerts constituerait un revers pour les finances de Big Hit, qui a tiré l’an passé 97% de son chiffre d’affaires du groupe, selon les documents rendus publics lors de l’entrée en Bourse.

Le tube «Dynamite» pourrait à lui seul générer plus de 1,4 milliard de dollars pour l’économie sud-coréenne et des milliers de nouveaux emplois, selon une étude gouvernementale publiée en septembre.

Big Hit a reconnu que l’absence programmée des membres de BTS était un «risque». Mais le label compte sur la vente de produits qui n’impliquent pas la participation directe des sept pour encaisser le choc. Il a toutefois concédé que le temps que les sept passeront hors des feux de la rampe et loin des caméras «pourrait avoir un impact négatif sur la profitabilité et la croissance de la société».