Indigènes ou exotiques, les Suisses adorent manger des fruits. Durant l'été, «Le Temps» raconte leur histoire, détaille les filières et analyse leur consommation.

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On l’aime nature, en confiture, pour accompagner une viande, ou encore en eau-de-vie. Mais quoi? L’abricot, évidemment! Originaire de Mandchourie, il est probablement arrivé en Asie mineure et dans nos régions grâce aux Romains qui l’appelaient malus praecox, soit «pomme précoce», parce qu’il fleurit tôt.

En Suisse, il constitue bien une spécialité valaisanne: 95% des abricots du pays en proviennent, avec plus de 700 hectares de surface cultivable. La culture des abricots est donc un des piliers de l’agriculture du canton, qui rapporte en moyenne un tiers du revenu brut du secteur des fruits et légumes.

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Mais l’histoire du Vieux Pays et de l’abricot ne date pas d’hier. «Il y a 200 ans, on en cultivait déjà, précise Béatrice Rüttimann, porte-parole de Fruit-Unions Suisse au Temps. A cette époque, deux variétés étaient cultivées dans la région de Sion-Nendaz: le Bourbon et le Blanc Rosé. Quelques années plus tard, d’autres variétés s’y sont ajoutées: le Paviot, le Monplaisir et le célèbre Luizet, qui a dominé dans les régions de Saxe, Vernayaz, Bovernier et Fey jusqu’à la fin du XXe siècle.»

Le Luizet, cette star

Pour Béatrice Rüttimann, le Luizet est toujours considéré comme «la star des vergers grâce au goût et à l’arôme de sa pulpe». Mais la superficie cultivée qui lui est dédiée a diminué avec l’introduction de nouvelles variétés et par conséquent une restructuration des vergers valaisans dans les années 1990.

Les Suisses en sont friands: en 2019, la consommation totale d’abricots a été de 15 662 tonnes, soit 6772 tonnes provenant de Suisse, et 8890 tonnes de l’étranger. Cela correspond environ à 3 kg par personne pour une année. A titre de comparaison, le Suisse consomme en moyenne quelque 15,8 kilos de pommes par année.

Notre «pomme précoce», bien qu’originaire du nord-est de l’Asie, est aujourd’hui bien implantée plus près de chez nous. Pour preuve, 80% de la production mondiale d’abricots (environ 2 millions de tonnes) est située dans la zone méditerranéenne et 40% dans l’Union européenne. «La France est le premier producteur européen d’abricots destinés à la consommation en frais (14% seulement des quantités sont destinées à l’industrie) et se situe juste derrière l’Italie en termes de production totale, développe Béatrice Rüttimann. 68% des abricots sont destinés au marché français et le tiers restant à l’exportation. Les principales destinations des exportations sont l’Allemagne (42%), l’Italie (19%), mais aussi la Suisse (8%).» Alors, le préférez-vous nature, en confiture ou distillé?

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