«Il est encore possible de trouver une solution pour les victimes d'épidémies dans les pays pauvres.» C'est ce qu'a déclaré l'ambassadeur suisse Lucius Wasescha quelques jours après la rencontre ministérielle informelle de 24 pays, qui a eu lieu la semaine dernière à Sydney. En effet, malgré une annonce faite vendredi dernier affirmant qu'un accord avait été trouvé, la question reste en définitive totalement ouverte. Elle a fait l'objet de nouvelles discussions informelles hier à Genève et sera à l'ordre du jour à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) les 25 et 26 novembre. A Doha, les pays membres s'étaient engagés à trouver d'ici à fin 2002 les solutions juridiques pour exempter les médicaments de l'accord sur la propriété intellectuelle, en vue de réduire leur prix et faciliter leur accès aux pays pauvres. Le temps presse, et selon le négociateur suisse, l'objectif sera difficilement atteint si des pays viennent allonger la liste des revendications.

L'une des plus importantes questions qui reste en suspens concerne les pays sans capacité de production pharmaceutique, souvent les plus touchés par les pandémies. Selon une proposition suisse qui fait son chemin, les pays touchés devraient en premier lieu négocier l'importation auprès des pays détenteurs des brevets des médicaments. S'il n'y a pas d'accord, ils peuvent faire appel à un producteur de génériques dans un pays en développement. Sinon, troisième option, ils peuvent s'en procurer dans tout autre pays industrialisé.

Déjà un précédent

La Suisse, mais aussi l'Union européenne et les Etats-Unis, craignent que les médicaments génériques bon marché exportés vers les pays pauvres ne soient détournés vers les pays industrialisés. Selon Lucius Wasesha, il y a déjà eu un précédent où des médicaments expédiés en Afrique centrale se sont retrouvés sur les marchés en Allemagne et aux Pays-Bas. Le diplomate suisse a également fait ressortir que si les pays riches sont disposés à baisser les prix des médicaments, les pays bénéficiaires devraient pouvoir exempter les importations des droits de douane. En attendant la reprise des négociations, les groupes de pression Oxfam et Médecins sans frontières estiment dans un communiqué conjoint que «les grands pays continuent à défendre les profits de leurs industries pharmaceutiques au détriment du droit à la santé des plus pauvres».