«Et maintenant?» demandait en juin 2020 l’ONG Public Eye en titre d’un numéro spécial de son magazine consacré aux enseignements à tirer de cette crise planétaire. Chamboulés, mais pleins de bons sentiments, nous étions nombreuses et nombreux à espérer que cette épreuve collective provoque une remise en question d’un système égoïste et centré sur la recherche de profit à tout prix. Une année et deux vagues plus tard, force est de constater que rien n’a changé, même si tout est différent.

Pour s’en convaincre, il suffit de mesurer l’écart entre les belles paroles et les actes de deux acteurs centraux pour sortir de cette pandémie: les entreprises pharmaceutiques et les Etats. Lors du semi-confinement, au printemps 2020, le mot «solidarité» claquait sur toutes les lèvres comme nos mains aux balcons. Les pharmas promettaient, la bouche en cœur, de ne pas tirer profit de la crise qui secouait la planète, tandis que les dirigeants politiques déclaraient que les futurs vaccins devraient être considérés comme «des biens publics» auxquels chacune et chacun pourrait avoir accès, quel que soit son lieu de résidence ou ses moyens financiers. Mais dans les faits, c’est la loi du plus fort qui s’est imposée, au profit des «Big Pharma».