L’accès au marché devrait être négocié pays par pays

Banque Un accord avec l’UE est jugé risqué

Alors que la mise en œuvre de l’échange automatique d’informations se précise au fil des mois, peu de progrès ont été réalisés au sujet de la question de l’accès aux marchés étrangers, en particulier dans l’UE. C’est un des points qui ont été débattus lors d’une table ronde organisée mercredi lors du congrès Finanz’15 à Zurich.

Pour Jacques de Watteville, secrétaire d’Etat aux Questions financières internationales, la Suisse peut envisager trois options. Premièrement, négocier des accords séparés avec différents pays. Deuxièmement, miser sur l’équivalence de son cadre juridique avec l’UE. Troisièmement, négocier un accord global avec l’UE sur les services financiers – un projet qu’il qualifie lui-même d’«ambitieux et compliqué».

Pierin Vincenz, le directeur de Raiffeisen, s’est montré sceptique quant à la dernière option. D’autres problèmes institutionnels plus importants doivent d’abord être réglés avec l’UE. Il se méfie aussi de l’idée de reprendre le cadre juridique de l’UE. «Il suffit de voir certains aspects catastrophiques du projet Fidleg pour se rendre compte des risques d’excès de régulation», juge-t-il. La négociation d’accords pays par pays, y compris avec des Etats hors de l’UE, lui paraît le plus sensée.

La Suisse a des atouts

Tous s’accordent sur le fait que la sécurité, la qualité des infrastructures et des services restent des atouts clés pour la Suisse. La récente décision de la BNS a-t-elle nui à l’image de fiabilité du pays? Tobias Straumann, historien à l’Université de Zurich, ne le croit pas. La Fed a aussi souvent agi de manière imprévisible ou contradictoire. Pour Pierin Vincenz, un groupe qui a autant de pouvoir que la direction de la BNS devrait être composé «de davantage de praticiens» à même d’évaluer les conséquences de ses décisions.

Y aura-t-il encore une place financière helvétique au sommet dans dix ans? Tobias Straumann s’est voulu rassurant: il est rare dans l’histoire qu’une place financière disparaisse en une décennie, sauf en cas de guerre. De plus, l’essor du secteur de l’assurance montre que la Suisse peut être concurrentielle.