L’accord de libre-échange avec la Chine, signé il y a près de deux semaines et annoncé comme un catalyseur à exportations pour les entreprises helvétiques, pourrait ressembler à un miroir aux alouettes. Du moins, ce texte «ne changera pas grand-chose à nos volumes de ventes là-bas». C’est, de manière succincte, la réponse majoritaire qui émerge d’un sondage sélectif réalisé par Le Temps auprès de plusieurs sociétés exportatrices. Pourquoi une baisse des taxes à l’importation de 8, 10, voire 12% ne sera-t-elle pas aussi bénéfique qu’espéré? Personne, bien sûr, ne s’en plaint. Les exonérations à venir sont même saluées par la plupart des entreprises. Mais, au vu du positionnement moyen ou haut de gamme de ces sociétés dans leurs créneaux respectifs, ce n’est pas tant le prix qui fait la différence. Plutôt la qualité.

Victorinox, par exemple, estime que le client chinois n’ayant pas les moyens de s’offrir un de ses couteaux aujourd’hui ne les aura pas davantage après déduction de la taxe douanière. Le discours est à peu près similaire chez Emmi, Rouvinez, Jura et auprès des horlogers actifs dans le haut de gamme. Est-ce à dire que l’accord de libre-échange est au mieux insuffisant ou au pire inutile? Non, car il permet, notamment, d’atténuer – quelque peu – l’effet du franc fort, par rapport aux Européens ou aux Américains.

Comme la demi-douzaine d’au­tres entreprises contactées (Straumann, Felco, etc.) pour les besoins de cet article, la société Jura n’a pas encore eu le temps de décrypter les milliers de pages de l’accord. Le fabricant de machines à café doit pour l’heure s’acquitter d’une taxe d’importation de 16% en Chine. Emanuel Probst, directeur général de l’entreprise soleuroise, salue «toute réduction des barrières à l’importation susceptible de faciliter les exportations». Il espère maintenant que la Suisse fasse de même avec le Brésil, un pays prohibitif en matière de tarifs douaniers. «Ils s’élèvent à 59% pour nos machines à usage domestique», regrette-t-il amèrement. «Là, la différence serait vraiment sensible et permettrait d’aug­menter les ventes de manière notable.»

Ueli Maurer a poursuivi jeudi sa visite officielle en Chine. En début d’après-midi, il a été reçu par le premier ministre, Li Keqiang.(LT)