Cet article fait partie de l’édition spéciale «Les femmes font Le Temps», écrite par une cinquantaine de femmes remarquables, et publiée lundi 6 mars 2017.


En juillet 2015, après des années de tractations diplomatiques, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, d’une part, et l’Iran, d’autre part, sont parvenus à un accord pionnier sur le programme nucléaire iranien. Dès sa mise en œuvre en janvier 2016, une grande partie des sanctions internationales ont été levées ou suspendues.

La Suisse a soutenu la recherche d’une solution diplomatique au conflit nucléaire, que ce soit avec des propositions pour débloquer les pourparlers ou en accueillant les négociations sur son territoire. En même temps, notre pays a mené une politique de sanctions nuancée. En parallèle, la Suisse a établi des canaux de paiement pour les biens humanitaires.

Chute du commerce

Suite aux sanctions internationales de 2006, le commerce bilatéral a perdu en intensité (les échanges se sont chiffrés à 360 millions de francs en 2013, contre 800 millions en 2005). Cette tendance s’est inversée après la mise en œuvre de l’accord nucléaire, le volume des échanges ayant atteint 520 millions de francs l’an dernier.

Avec près de 80 millions d’habitants, un niveau d’éducation élevé et des vastes richesses minières, l’Iran dispose d’un potentiel économique prometteur. Son besoin de rattrapage, notamment en matière d’infrastructures, offre aux entreprises suisses de nouvelles opportunités commerciales. Malgré le grand intérêt manifesté par le monde des affaires, les attentes d’une réintégration rapide de l’Iran dans l’économie mondiale n’ont été que partiellement remplies. Beaucoup d’intermédiaires financiers restent prudents, notamment en raison du maintien des sanctions américaines contre Téhéran.

Le Secrétariat d’État à l’économie cherche, avec d’autres offices fédéraux, à clarifier au mieux possible les règles régissant le commerce et à renforcer la sécurité juridique – ceci non seulement dans l’intérêt de l’économie, mais également pour contribuer à une mise en œuvre réussie de l’accord nucléaire.

Première visite

En février 2016, Johann Schneider-Ammann, accompagné de représentants des milieux économiques et scientifiques, a été le premier président de la Confédération à effectuer une visite présidentielle en République Islamique d’Iran. Avec son homologue Hassan Rouhani, il a adopté une feuille de route dont l’objectif est d’approfondir les relations bilatérales. Cet instrument institutionnalise des dialogues économique et financier, et vise la ratification de l’accord de commerce bilatéral signé en 2005 qui cherche à améliorer la sécurité juridique pour les firmes helvétiques.

Après plusieurs années de rapprochement entre l’Iran et l’Occident, l’incertitude a gagné du terrain ces derniers mois, notamment au vu des prises de position critiques de la nouvelle administration américaine. La prochaine élection présidentielle en Iran aura lieu en mai avec une issue incertaine et intimement liée au sort de l’accord nucléaire. Du point de vue de la Suisse, cet accord continue à représenter un jalon décisif pour le Moyen-Orient et au-delà, et sa mise en œuvre revêt une grande portée politique et économique.