Bien que représentées dans le groupe d’experts, les deux grandes banques s’expriment laconiquement sur ses conclusions. «UBS a pris connaissance du document mais ne le commente pas. Elle attend le rapport final», explique un porte-parole du géant de la Bahnhofstrasse.

Credit Suisse «salue les conclusions des experts, qui considèrent les mesures telles que la subdivision des grandes banques commerciales comme inadaptées et les ont donc rejetées». L’établissement exige néanmoins que les mesures soient «coordonnées à l’échelle internationale» et «qu’elles ne pèsent pas de manière excessive sur la place financière».

Sans connaître les détails des propositions, l’avocat genevois Carlo Lombardini, un spécialiste en droit bancaire, soutient les relèvements de fonds propres minimaux des banques. Néanmoins, il «s’interroge sur la pertinence du modèle de banque universelle», qui fait supporter une partie des risques de la banque d’affaires par les déposants. L’avocat se demande si une séparation des deux activités sur la base de l’ancienne loi américaine Glass-Steagall ne devrait pas être étudiée.

Instaurer des holdings

Tous les partis reconnaissent que la commission d’experts a fait un minimum en émettant des projets de réglementation. Mais tant la gauche que l’UDC trouvent que le rapport s’arrête un peu vite en chemin. Les Verts déplorent que ce document apporte peu de choses concrètes et exigent la constitution d’une nouvelle commission indépendante des grandes banques.

L’UDC préconise une mise en place rapide des projets. Ce parti trouve que les solutions préconisées par les experts ne règlent pas le problème en cas d’insolvabilité des banques ou d’une faillite bancaire. Il exige à cette fin des objectifs structurels «par exemple sous la forme d’une holding pour éviter de façon efficace que la faillite d’une banque n’entraîne des conséquences graves sur toute l’économie».

Le PLR insiste pour que les nouvelles mesures ne soient en aucun cas liées à l’accord d’entraide administrative sur UBS avec les Etats-Unis. Le conseiller national PDC Pirmin Bischof se réjouit que la commission n’ait pas suivi les exigences de l’UDC et du PS pour réduire la taille des banques.