L’acquéreur de l’aéroport de Toulouse a disparu

Aéronautique Le président de l’actionnaire chinois est introuvable depuis mi-mai

Voilà bientôt deux mois que Toulouse cherche Mike Poon. Le président du consortium chinois Casil Europe (Shandong High-Speed et fonds FPAM) ayant dernièrement racheté, pour 308 millions d’euros, 49,99% des parts de l’aéroport Toulouse-Blagnac, serait «en fuite», selon le quotidien hongkongais South China Morning Post.

A en croire d’autres sources officielles, le personnage central de la semi-privatisation de l’aéroport régional français aurait eu maille à partir avec les autorités de son pays. Il serait sous le coup d’une enquête pour corruption à l’encontre de la compagnie China Southern Airlines, cliente de CALC (l’un des plus gros clients d’Airbus en Chine et copropriété du fonds FPAM), un loueur d’avions dont Mike Poon est le président démissionnaire, ainsi que l’ex-directeur financier.

Ces dernières semaines, Manuel Valls a multiplié les interventions pour tenter de calmer le jeu. Le premier ministre français s’est dit «à aucun moment inquiet» de cette désertion. Cette dernière n’ayant «aucun impact sur l’activité, ni sur la gouvernance, ni sur l’actionnariat» de Toulouse-Blagnac, ont insisté les représentants de FPAM, entité par ailleurs détenue par Mike Poon.

Mais malgré ces déclarations qui se veulent rassurantes, les inquiétudes sont depuis allées grandissantes concernant l’avenir de l’investissement chinois. Le collectif contre la vente du tarmac toulousain est toujours sur la brèche.

Genève, toujours en lice

Pour renflouer un peu plus ses caisses, l’Etat français ouvre cette année encore le capital de ses aéroports de Nice et de Lyon. Les grandes manœuvres sont en cours concernant les plateformes lyonnaises, Genève ayant manifesté – sur l’invitation d’autres partenaires institutionnels français – son intérêt il y a moins d’un mois. Une occasion pour le canton, dont le dossier est toujours à un stade préliminaire, d’affirmer son attachement à la région. Et une manière pour les autorités de l’Hexagone d’éviter qu’un autre tarmac secondaire ne finisse en main chinoise.

Autre mesure de sécurité prise par Paris: introduire un nouveau cahier des charges, avec des critères de choix plus précis que ceux demandés pour la plateforme de la Ville rose. Comme, par exemple, disposer, en tant qu’acheteur, d’une expérience aéroportuaire, ce qui n’est pas le cas de Casil Europe.