Bourse

L’action de la BNS évolue encore mystérieusement

La Banque nationale suisse a vu le cours de son titre pratiquement doubler en quatre mois. Sans raison apparente, si ce n’est des recommandations d’un investisseur allemand

Le mystère de l’action de la Banque nationale suisse (BNS) est reparti de plus belle. Vendredi, son cours a dépassé les 3000 francs à la mi-journée, résultat d’une ascension entamée en juillet, après un sursaut en avril. Résultat: l’action de l’institution a pratiquement doublé en quatre mois.

Un tel phénomène sans explication apparente s’est déjà produit. C’était même l’un des feuilletons de l’automne dernier. L’institut d’émission, dont un quart du capital action est en mains privées, avait vu son titre s’enflammer au point que la bourse de Zurich avait dû interrompre le négoce le temps que la situation se calme.

Plusieurs hypothèses, certaines plus farfelues que d’autres, comme l’intervention de la Banque d’Israël, du milliardaire George Soros ou du président turc, Recep Tayyip Erdogan, avaient émergé pour justifier la hausse du cours.

Un timbre de collection

Cette fois encore les spéculations rivalisent d’originalité, mais c’est Cash Insider qui a peut-être trouvé l’explication à ce bond. Selon le site d’informations financières alémanique, qui dit avoir effectué des «semaines de recherches», Hans Bernecker, le célèbre gourou allemand des marchés, expliquait dans l’édition du samedi précédent de sa lettre d’investissement hebdomadaire «Die Actien-Börse», à quel point il est satisfait de l’évolution du cours de l’action de la BNS.

Le grand seigneur du conseil d’investissement, comme l’a surnommé la Handelsblatt, écrivait déjà dans son édition du 22 juillet dernier que la capitalisation de la BNS – 290 millions de francs au dernier pointage – n’avait rien à voir avec la valeur de l’entreprise, qu’il estimait entre 1,2 et 1,4 milliard, sans étayer. «Achetez-en au moins une pour y être», disait alors Hans Bernecker des actions de la BNS, qu’il comparait au «Bleu Maurice», l’un des timbres les plus chers du monde. De quoi motiver les nombreux abonnés de sa lettre.

Attrait des Allemands

Les Allemands semblent avoir d’ailleurs développé un faible pour la BNS. Son plus grand actionnaire, Theo Siegert, détient 6,72% du capital, juste devant les cantons de Berne et de Zurich. Ce professeur honoraire de l’Université de Munich a commencé à investir dans l’institution en 2008 parce qu’il a foi dans le «professionnalisme et la solvabilité des gardiens de la monnaie» helvétique.

Le taux plancher, son abandon dans la cacophonie des marchés, rien ne l’a freiné, il a même augmenté sa participation au fil des années.

L’action de la BNS est attractive en partie pour le dividende de 15 francs qu’elle offre. Toutefois, son rendement diminue à mesure que le cours augmente et risque de ne plus suffire, même dans un environnement de taux d’intérêt bas. Certains l’ont peut-être réalisé: lundi, l’action était revenue à 2821 francs.

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