Agroalimentaire

L’action Nestlé plébiscitée sur les marchés

Le fonds activiste Third Point sort déjà gagnant de son entrée au capital du groupe veveysan, dont le titre a progressé de plus de 4% depuis lundi matin. A lui seul, le rachat d’actions devrait lui permettre de rafler quelques millions

Les marchés ont salué mercredi le geste de Nestlé envers ses investisseurs. En fin de journée, soit 24 heures après l’annonce du vaste programme de rachat de ses actions, le titre du géant de l’agroalimentaire clôturait en hausse de 1,30%, à 85,40 francs. La plupart des analystes rehaussaient dans la journée leur objectif de cours.

En réduisant le nombre d’actions Nestlé sur le marché, cette opération à hauteur de 20 milliards de francs devrait mécaniquement accroître leur valeur individuelle. Selon les analystes de la banque britannique Barclays, le rachat devrait permettre d’augmenter la valeur de chaque titre de 40 centimes (à niveau de taxes constant). Soit un gain théorique de quelque 16 millions de francs pour le fonds Third Point, qui a acheté lundi 40 millions d’actions et options du groupe veveysan.

Renouer avec le modèle Nestlé

De fait, depuis la diffusion de la feuille de route du fonds activiste, l’action Nestlé a augmenté de 4,02%. Un enthousiasme partagé par Christophe Laborde, analyste chez Bordier, qui voit dans la relution (réduction de capital) la possibilité de renouer avec son «objectif historique» – une croissance du bénéfice par action de 5-6% – qui avait fait son succès. Sur la dernière décennie, Nestlé a reversé aux actionnaires quelque 100 milliards de francs en dividendes ou en rachat d’actions.

Le groupe veveysan s’est-il trop vite plié aux exigences d’un actionnaire minoritaire, Third Point? Mercredi, la plupart des analystes soulignaient que cette nouvelle orientation stratégique – qui représente 7,6% de la capitalisation boursière actuelle – ne pouvait pas avoir été décidée en 48 heures. Pour les analystes de Barclays, la pression du fonds activiste a pu pousser le groupe à améliorer le rendement de ses actions et diminuer ses coûts, mais «il continuera à prioriser la croissance à long terme, et les investissements connexes, plutôt qu’une spectaculaire augmentation de sa marge».

Acquisitions stratégiques

Le programme de rachat sera d’ailleurs échelonné pour permettre à Nestlé de continuer à réaliser des acquisitions stratégiques ces deux prochaines années. Le climat d’intérêts négatifs qui sévit en Suisse encourage les entreprises à s’endetter pour hausser la valeur de leurs actions. Une pratique jusqu’à présent évitée par le groupe veveysan, qui devrait d’ici à 2020 porter sa dette à 1,5 fois son revenu avant intérêts, taxes et autres amortissements.

Le groupe restera pourtant à l’affût des bonnes opportunités sur le marché et pourrait modifier ses plans en conséquence. Ces huit dernières années, il a dépensé quelque 40 milliards de francs dans des fusions et acquisitions. Prises notables: le rachat en 2014 de toutes les parts du laboratoire lausannois Galderma (coentreprise avec L’Oréal), spécialisé dans la dermatologie, pour 4,3 milliards de dollars ou de l’unité de dermatologie de Valeant pour 1,4 milliard de dollars. Deux acquisitions en lien avec le virage médico-nutritionnel de Nestlé, applaudi par Third Point.

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