Faut-il souscrire ou non aux nouvelles actions émises par UBS dans le cadre de sa deuxième augmentation de capital de près de 16 milliards de francs? De nombreux actionnaires restent dubitatifs alors que le délai pour se décider court depuis mardi, jusqu'au 12 juin.

UBS propose les nouveaux titres à 21 francs l'unité, et vingt actions donnent droit à souscrire sept nouveaux titres. Pour ceux qui ne veulent plus investir dans la grande banque, qui reste l'un des établissements les plus touchés au monde par la crise des «subprime», ces droits peuvent bien sûr être cédés.

Mardi, premier jour de négoce de ces droits, le marché s'est d'abord résolument montré vendeur. Alors que le droit de souscription affichait une valeur théorique de 1,87 franc lundi soir à la clôture de la bourse suisse (le calcul de ce prix tient compte de la dilution du capital), il a lâché jusqu'à 17,1% avant de se redresser et de ne lâcher que 1,1% à 1,85 franc.

A contre-courant

Traitée pour la première fois hors droits de souscription, l'action nominative a quant à elle lâché 7% ou, 1,96 franc à 26,24, dans un marché pourtant en progression, l'indice des grosses capitalisations SMI gagnant 0,74%.

Est-ce que le titre UBS sera encore supérieur à 21 francs le 13 juin prochain, premier jour de négoce des nouveaux titres? «Une poursuite de la glissade est possible», dit Jérôme Schupp, responsable de la recherche chez Syz & Co. Il note qu'à court terme, le titre va immanquablement continuer de souffrir. Si le cours reste supérieur à 21 francs, de nombreux actionnaires vendront rapidement pour réaliser une plus-value. Ce phénomène se superposera à la persistance des craintes liées à des nouveaux amortissements. Elles ont été attisées lundi par une mise en garde d'UBS elle-même. Dans son prospectus d'augmentation de capital, la banque indique en effet que de nouvelles pertes liées à la crise des hypothèques américaines pourries n'étaient pas exclues.

Pour les investisseurs à long terme, «il vaut néanmoins la peine de souscrire, note Jérôme Schupp, car d'ici deux à cinq ans, le titre se sera à coup sûr repris».

GIC aussi concerné

A noter que la dilution résultant de cette augmentation ordinaire a contraint UBS et les souscripteurs de la première augmentation de capital (convenue en décembre dernier), soit le fonds singapourien GIC ainsi qu'un investisseur du Moyen-Orient, à revoir le prix minimal par titre qui sera valable au moment de l'échange de leur obligation convertible, en mars 2009. L'action sera finalement payée 48,07 francs la pièce, a dit à l'agence financière AWP un porte-parole d'UBS. Ces investisseurs «privilégiés» recevront 270,5 millions de nouvelles actions, ce qui leur donnera une participation de 8,44%, moins élevée que les 11% initialement annoncés.