L’importante victoire d’étape remportée mardi par les partisans de l’accord sur UBS a soulagé aussi bien les organisations économiques que les marchés. Hier, l’action UBS a clôturé en progression de 2% à 15,51 francs, comparé à une hausse de 0,2% pour le SMI.

Avant même que le résultat du vote du Conseil national ne soit communiqué, l’annonce du ralliement d’une partie du groupe UDC à l’accord a fait bondir le titre dès les premiers échanges. La Chambre du peuple a finalement avalisé l’accord sur UBS par 81 voix contre 61 et 53 abstentions.

Celui-ci n’est toutefois pas encore définitivement scellé. Mardi, le Conseil national a en effet aussi décidé par 106 voix contre 80 de soumettre l’accord au référendum facultatif. En acceptant cette clause, le National créé d’une part une nouvelle «navette» avec le Conseil des Etats. D’autre part, le recours au référendum facultatif empêchera la Suisse de livrer jusqu’au 19 août prochain, le délai fixé par l’accord, les données requises par le fisc américain.

Une épée de Damoclès

«Soumettre l’accord au référendum facultatif reste un facteur d’incertitude pour l’action», souligne Andreas Venditti, analyste à la Banque cantonale de Zurich (BCZ). «Car même si cet instrument n’est pas utilisé, le délai fixé par les autorités américaines ne pourra pas être respecté. Et si le nombre de signatures nécessaire devait être récolté, alors le vote n’interviendrait qu’en 2011», poursuit-il. De son côté, Mathias Büeler, analyste chez Kepler Equities, relativise la portée de ce référendum facultatif. «Bien sûr, un nouveau retard dans l’application de l’accord sera mal accueilli aux Etats-Unis. Après quelques vifs commentaires, les autorités américaines accepteront toutefois vraisemblablement de prolonger le délai. Washington n’a rien à gagner à exercer des pressions sur la Suisse jusqu’à l’extrême», estime-t-il. Selon lui, le fisc américain cherche en fait surtout à mettre ses citoyens sous pression: trop nuire à UBS n’apporterait rien aux Etats-Unis.

Si le référendum facultatif n’est pas utilisé, la disparition de ce dernier obstacle pourrait alors servir d’élément déclencheur pour le cours de l’action, poursuit l’analyste de Kepler. Il place un objectif de cours à 20 francs pour le titre UBS. Plus prudente, la BCZ maintient une recommandation neutre sur l’action.

Economiesuisse a salué hier le vote, estimant qu’il s’agit d’un «pas important» vers la résolution du différend qui oppose la Suisse et les Etats-Unis. L’organisation juge en revanche que soumettre l’accord au référendum facultatif est «juridiquement déplacé». Même son de cloche du côté de l’Association suisse des banquiers (ASB), qui considère qu’un référendum serait une «grande pierre d’achoppement, parce qu’il pourrait être interprété par les Etats-Unis comme un refus». De son côté, UBS ne s’est pas exprimée mardi sur le vote du Conseil national, préférant attendre le résultat final des débats au parlement.