Ni le bénéfice net de 6,2 milliards de francs affiché pour l’année 2015 par UBS, ni le rehaussement des dividendes de 10 centimes proposé pour l’exercice écoulé n’ont réussi à convaincre les analystes et les investisseurs. Peu après 10 heures 30, l’action UBS dévissait mardi de 7% à 15,5 francs.
A première vue, les résultats annuels du numéro un bancaire helvétique, en hausse de 79% par rapport à l’exercice précédant, apparaissent plutôt rassurant. Remis de la crise financière, UBS signe même son deuxième meilleur bénéfice annuel depuis 2010. En y regardant de plus près, ce sont surtout les chiffres du quatrième trimestre qui ressortent en demi-teinte. Légèrement supérieur aux attentes du marché, le bénéfice net de 949 millions de francs réalisé entre octobre et décembre est inférieur de moitié à celui enregistré au troisième trimestre (2,07 milliards). Toutefois, il a largement été soutenu par des effets extraordinaires: le crédit d’impôts de 715 millions de francs a plus que contrebalancé les nouvelles provisions pour litiges juridiques ou questions réglementaires de 365 millions de francs.

Sorties d’argent en Europe et dans les pays émergents

Par unités, la division de gestion de fortune a certes permis de dégager sur l’année écoulée un résultat d’impôts en hausse de 15,6% à 2,7 milliards de francs. Sur le seul quatrième trimestre, le résultat de l’unité qui constitue le pilier du groupe est moins convaincant: le bénéfice net avant impôts s’est établi à 344 millions de francs, comparé à 639 millions entre juillet et septembre et par rapport à 646 millions à la même période un an plus tôt.
Surtout, l’unité a subi des sorties d’argent frais de 3,4 milliards de francs au quatrième trimestre. L’afflux d’argent en Asie Pacifique (1,8 milliard) et en Suisse (0,2 milliard) ont été plus que contrebalancé par les sorties d’argent en Europe (2 milliards) et dans les pays émergents (3,5 milliards). La marge brute s’est elle aussi détériorée à 80 points de base (84 points de base au troisième trimestre).
«La contraction de la marge brute et le ralentissement de l’afflux net d’argent constituent les points les plus inquiétants», a commenté dans une note J. Safra Sarasin, qui a révisé sa recommandation sur l’action UBS à «neutre», contre «acheter» auparavant. Aux yeux de la banque, la hausse de 10 centimes du dividende – qui passera à 85 centimes par titre, dont une rémunération extraordinaire de 25 centimes – comparé 0,75 centimes au titre de l’exercice précédant ne suffit à contrebalancer le recul du cours de l’action.

Banque d’affaires faible au quatrième trimestre

Dans les autres unités, la gestion de fortune aux Etats-Unis a elle dégagé un résultat avant impôts de 754 millions de dollars sur l’année, avec un afflux d’argent frais de 21,4 milliards (dont 16,8 milliards sur le seul dernier trimestre).

La banque d’investissement réalise un résultat avant impôts de 1,9 milliard sur l’année, dont seulement 80 millions au dernier trimestre comparé à près d’un demi-milliards entre juillet et septembre.

Côté positif, la poursuite de l’amélioration des ratios de fonds propres du groupe ont été salué. Le ratio d’endettement («leverage ratio») ainsi progressé à 5,3% (5% à fin septembre), soit davantage que le niveau de 5% qui sera requis en Suisse pour les deux grandes banques.


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