Banque

L’actionnaire d’UBS reste perdant depuis la crise financière

L’augmentation continuelle des dividendes versés depuis 2011 ne s’est pas traduite par un rebond de l’action de même ampleur

Rarement l’écart de perception entre la direction d’UBS et celle la communauté financière n’a été aussi marqué que lors de la présentation des résultats annuels du groupe mardi. D’un côté, le numéro un bancaire helvétique a mis en évidence l’amélioration du bénéfice net annuel qui a progressé de 79% pour s’établir à 6,2 milliards de francs l’an dernier. Le résultat avant impôts de l’unité de gestion de fortune, l’unité la plus rentable du groupe, a progressé de 13% à 2,8 milliards, le niveau le plus élevé depuis 2008. De même, les ratios de fonds propres dépassent aisément les montants requis par les instances de régulation.

De l’autre, les analystes et les investisseurs ont été refroidis par les sorties d’argent frais dans les activités de gestion de fortune et des chiffres inférieurs à leurs attentes pour cette unité au quatrième trimestre. Résultat des courses: l’action UBS a clôturé mardi en recul de 6,8% 15,54 francs.

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10 centimes de plus qu’en 2014

Pourtant, les actionnaires se verront octroyer un dividende spécial de 25 centimes par action, qui s’ajoutera à celui, ordinaire, de 60 centimes proposé au titre de l’exercice 2015. En tout, le dividende s’élève à 85 centimes, plus que montant de 80 escomptés par le consensus des analystes. Ce nouveau dividende spécial de 25 centimes résulte de «la forte réévaluation nette à la hausse des actifs d’impôts différés». Un an plus tôt, un montant de 25 centimes avait aussi été versé aux actionnaires d’UBS dans le contexte de la réorganisation de la holding du groupe. Pour autant, il ne faut pas compter avec le versement d’un tel dividende supplémentaire année après année, a prévenu Sergio Ermotti, le directeur d’UBS, lors de la conférence de presse du groupe mardi à Zürich.

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En revanche, la banque s’engage toujours à reverser au moins la moitié de ses bénéfices sous forme de dividende, dès lors que le ratio de fonds de type CET1 selon les règles de Bâle III dépasse les 13%. Avec un niveau de 14,5% à fin décembre, UBS dépasse largement les exigences requises pour continuer à verser des dividendes.

L’action a moins reculé que celle de Credit Suisse

Huit ans après la crise financière, la forte réaction des marchés envers l’action UBS mardi reflète le scepticisme des investisseurs à propos de la capacité de rebond du titre sur le long terme. «De notre point de vue, le dividende proposé n’est pas suffisant pour contrebalancer la faiblesse du cours de l’action», a relevé dans une note J. Safra Sarasin. Et en dépit d’une hausse continue des dividendes depuis 2011, l’action évolue à peu près au même niveau qu’il y a cinq ans.

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De 2011 à 2015, l’actionnaire – même celui qui aurait acquis des actions d’UBS seulement après la crise financière –, aura certes perçu plus de 2 francs de dividende par titre sur cette période mais il n’aurait pratiquement rien gagné sur le cours. Depuis le début l’année, l’action a chuté de 20%, certes moins que son rival Credit Suisse (22%) mais plus que le recul de 7% essuyé par le SMI.

«Ne pas critiquer l’arbitre après le match»

Au sujet de la réaction des marchés, Sergio Ermotti a déclaré mardi qu’il n’était pas de son ressort de commenter cet aspect. «Ca serait comme critiquer l’arbitre après le match», a-t-il illustré.

Selon les analystes de Bordier & Cie, «les perspectives sont peu encourageantes pour 2016», même si la banque genevoise estime que «l’environnement de marché est plus à blâmer que le management en particulier». De son côté, UBS a évoqué tour à tour la performance négative des marchés et la forte volatilité depuis 2016 ou le faible niveau des taux d’intérêt qui «continuent à créer des turbulences».

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