La crise de la dette qui frappe quatre, et peut-être même cinq pays de la zone euro provoque, comme son équivalent américain, de profondes turbulences boursières. La question de la dette européenne s’ajoute à la problématique américaine où les dissensions politiques sont telles que même des solutions d’urgence ne parviennent pas à être trouvées. Naturellement, des solutions durables sont encore moins probables. L’abaissement de la notation des Etats-Unis par Standard & Poor’s revêt de ce point de vue une importance historique. La volatilité qui en résulte, peu après l’accident de Fukushima, se traduit par des volumes d’affaires largement supérieurs à la normale à la bourse Scoach Suisse.

Au cours des sept premiers mois de l’année, un volume d’affaires de 32 milliards de francs a été enregistré, soit une progression de 39,2% par rapport à l’année précédente. Une baisse de 6,7% a toutefois été observée dans le nombre de transactions des produits Scoach, à 801 285. Les produits cotés arrivent à un niveau record (35 771). Un chiffre à comparer à celui de juillet 2010 (28 822). Durant cette période, le nombre de participants s’est accru de 112 à 128. Avec un volume de 32 milliards, Scoach n’est pas parvenue à la barre record de 2007, qui s’élevait à 46 milliards de francs, mais la bourse réalise le deuxième meilleur chiffre d’affaires de son histoire.

On peut s’attendre à une poursuite de l’augmentation du nombre d’émissions. Les participants actuels à Scoach Suisse devraient coter de nouveaux produits. Et la taille des paquets de cotation, que les participants acquièrent en général avant une cotation, a également augmenté. Les produits à levier arrivent largement en tête (avec ou sans knock-out) avec 25 060 titres, ce qui correspond à 70% du portefeuille total. Les produits d’optimisation du rendement sont au nombre de 6538 sur Scoach, les produits de participation 2778 et les produits à capital garanti 1172. La relation entre les produits à levier et les produits de participation est ainsi passée à 80: 20. Elle s’explique par la durée plus faible des produits à levier et une plus grande sensibilité aux prix d’exécution, ce qui incite les émetteurs à un soin attentif du portefeuille.

Les atouts du négoce en bourse semblent évidents en termes de transparence la plus grande possible. Le cœur de la mention «Traded on Scoach» se reflète dans une gestion active du marché qui analyse chaque transaction indépendamment pour savoir si le prix est conforme au marché. Scoach a par ailleurs effectué un travail de pionnier dans le sens où, en plus d’une orientation rapide sur tous les produits cotés, la qualité du teneur de marché de chaque titre coté est analysée à travers ce que l’on nomme le Quote Quality Metrics (QQM). Cette approche a aussi inspiré la place financière de Hongkong puisqu’elle est en train d’introduire une matrice similaire.

En complément aux instruments de transparence en ligne, Scoach offre aussi une analyse globale: En effet, les arbres sont nombreux mais l’investisseur doit aussi voir la forêt. Cette vue d’ensemble du marché suisse des produits structurés est dorénavant disponible à travers «Scoach Markt­report», qui comprend tous les chiffres clés, y compris leur évolution. Un élément important a été ajouté avec les statistiques exclusives de rachats de titres, un véritable baromètre de la ­confiance pour le marché suisse des produits structurés. Celui qui préfère moins la profondeur des données que leur actualité, Scoach offrira, probablement dès le quatrième trimestre au deuxième jour de cotation du mois suivant, une vue des principaux indicateurs de l’activité de négoce du mois précédent.

L’analyse du négoce sur Scoach de janvier à juillet souligne la première place des produits à levier. Sur un volume d’affaires total de 32 milliards de francs, les produits à levier avec knock-out arrivent à 11 milliards, ceux sans knock-out 8,6 milliards de francs. Cela dépasse largement les produits de participation (7,1 milliards de francs), les produits d’optimisation (3,7 milliards), les produits à capital garanti (1,4 milliard) et les «autres produits» (212 millions).

Il importe d’ajouter que les produits d’investissement sont des produits de marché primaire au sens propre. Les volumes placés ne se retrouvent pas sur le marché secondaire. Le développement futur de ces produits sera défini en fonction de la mise en concurrence des plateformes d’émission individualisées et de la bourse.

Les volumes actuels dans les produits d’investissement qui passent par la bourse Scoach indiquent, au début du mois d’août, une augmentation sensible du ratio de rachat. Dans plus de 70% des transactions, les investisseurs se sont séparés de leurs investissements. On dépasse la marge habituelle de 50 à 55% et on rejoint les niveaux des tristes heures de la chute de Lehman Brothers.

Au sein des produits à levier, qui passent en grande partie par le marché secondaire, le ratio de rachat se situe presque par définition aux alentours de 50%. Beaucoup de positions sont ouvertes et fermées le même jour. Une plus grande signification peut être cherchée dans le choix des sous-jacents et les attentes du marché. Au début août, il s’agissait d’instruments short sur le SMI. Les investisseurs utilisent donc les instruments disponibles pour se protéger contre une baisse des cours.

*Président de la direction de Scoach, la bourse suisse des produits structurés