Pour la Confédération, le but ultime de la politique de promotion des femmes dans l'administration reste la parité y compris pour les postes à responsabilités. Mais pour le moment, l'administration en est loin: seuls 11,7% de femmes occupaient des postes de cadres à la fin 1999. Un chiffre tout de même en augmentation puisque la part des cheffes n'était que de 8,5% en 1996. Mais à Berne, comme dans le privé, plus on s'élève dans la hiérarchie, plus les femmes sont rares. L'effort doit donc être intensifié pour faire augmenter la proportion de femmes cadres de 11,7 à environ 17% d'ici à 2003, a expliqué le Conseil fédéral la semaine dernière en répondant à la conseillère nationale Pia Hollenstein.

En décembre dernier, dans une interpellation, l'écologiste s'était indignée de la «surreprésentation masculine» parmi les cadres supérieurs et elle demandait au gouvernement comment il comptait éliminer cette «inégalité choquante». En fixant un objectif intermédiaire, le Conseil fédéral poursuit son avance à pas menus vers l'égalité, mais indique clairement à l'administration que les efforts menés jusqu'à présent sont insuffisants. Car au bilan des postes administratifs à hautes responsabilités, la Confédération compte une vice-chancelière, une secrétaire générale de Département (à l'Intérieur), deux secrétaires générales suppléantes (à l'Intérieur et à l'Economie), une directrice d'office (au Bureau de l'égalité), deux directrices d'instituts, neuf vice-directrices, deux directrices suppléantes et huit ambassadrices.

Différentes mesures de promotion sont suggérées: les Départements et la Chancellerie sont notamment invités à «proposer au moins une femme dans la dernière phase de sélection des candidatures pour l'occupation d'un poste» de haut niveau. «Pour y arriver, il faudra être particulièrement innovateur dans le marketing du personnel», lance Gabrielle Merz Turkmani, adjointe scientifique à l'Office fédéral du personnel. Ainsi, pour être sûrs de disposer, en fin de sélection, d'une candidature féminine, les responsables des RH ne pourront pas se contenter des annonces d'emploi. «Les Départements devront chercher des moyens nouveaux pour attirer les candidates. Cela peut passer par l'activation des réseaux de femmes, par du marketing plus poussé, voire des chasseurs de têtes.»

D'autres moyens sont proposés. Comme sensibiliser davantage les cadres à la politique de promotion des femmes, et placer, là où cela n'existe pas, des déléguées et des coordinatrices à l'égalité. Les problèmes liés à la garde des enfants ne sont pas ignorés. L'Office fédéral du personnel met à disposition des fonctionnaires - pas seulement des cadres - un certain nombre de place dans des crèches. «Et nous voulons étendre les horaires individualisés aux cadres, que ce soit via le temps partiel, le job sharing, l'annualisation du temps de travail ou le télétravail», ajoute Gabrielle Merz Turkmani.

Suggérer de mettre l'accent sur les cadres fait partie des recommandations du rapport sur la deuxième période de promotion des femmes dans l'administration (1996-1999). Car parmi le personnel en général, la proportion des collaboratrices est, elle, plus élevée: elle a progressé de 20,1 à 23,3% entre 1996 et 1999 (32,1% si l'on ne compte pas la Défense). Et, selon le rapport, la situation est même à peu près équilibrée dans les services du parlement et les tribunaux fédéraux, tandis qu'il y a plus de 40% de femmes à la Chancellerie, aux Affaires étrangères, à l'Intérieur et au Département de justice et police.