L’Unesco n’est pas la seule institution qui est prise à partie par l’administration Trump. La Banque mondiale, l’une des principales sources de financement pour le développement, fait aussi l’objet de vives critiques. Première conséquence: l’objectif d’obtenir une augmentation de capital de la banque lors de sa réunion annuelle qui s’achève ce samedi à Washington est voué d’avance à l’échec.

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La Suisse, représentée à cette réunion par le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, est favorable à la recapitalisation. «Nous avons en principe une position positive au sujet de l’augmentation du capital, a-t-il déclaré vendredi soir de Washington. Elle doit être raisonnable et bien justifiée. De plus, la Suisse attend de la banque qu’elle adapte et améliore sa structure afin de rester innovatrice et dynamique, mette en œuvre son examen de contrôle des dépenses, et qu’elle soit plus sélective sur les domaines qu’elle couvre.»

La Chine, première bénéficiaire

Les Etats-Unis ne s’opposent pas en soi à une recapitalisation. Ils demandent au préalable de revoir le fonctionnement de la banque. Ils font noter que la Chine, non seulement continue à négocier des prêts à des conditions favorables, mais elle en est même le premier bénéficiaire.

«La réalité est qu’une grande partie de ses ressources va aux Etats qui ont la capacité de lever des fonds sur le marché», a déclaré un membre de l’administration Trump, cité par le Financial Times de vendredi.

Un terrain de guerre diplomatique

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a réfuté l’argument. «Pour moi, les raisons de travailler avec la Chine sont évidentes, a-t-il dit au quotidien britannique. Non seulement nous l’aidons à se mettre sur la voie du développement, mais nous apprenons aussi beaucoup de notre travail en Chine. Cela constitue une expérience que nous partageons avec d’autres pays.»

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De toute évidence, la Banque mondiale constitue un terrain de guerre diplomatique entre les Etats-Unis et la Chine. Soutenu par d’autres pays, Pékin remet en cause la position dominante des Etats-Unis qui, selon une règle non écrite, impose toujours l’un de ses ressortissants au poste de président. Pour sa part, Washington se méfie de la Chine, qui chercherait à marginaliser l’institution. Celle-ci est effectivement derrière la Banque asiatique d’investissements dans les infrastructures qui veut financer les grands travaux en Asie. Elle est aussi partie prenante de la Nouvelle Banque de développement. Installée à Shanghai, celle-ci veut appuyer les grands projets dans les pays dits BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.