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Le gouvernement américain a longtemps négligé l’intelligence artificielle, laissant la main aux entreprises privées (ici la manifestation I/O de Google), mais aussi aux autres puissances, Chine en tête.
© STEPHEN LAM/Reuters

Numérique

L’administration Trump se penche enfin sur l’intelligence artificielle

La Maison-Blanche a annoncé la création d’un comité spécial consacré à une technologie déjà prioritaire pour les gouvernements chinois, français ou britannique. Aux Etats-Unis, c’est jusqu’ici le secteur privé qui portait les avancées de l’intelligence artificielle

A force de faire la promotion du charbon dans ses meetings, ou d’attaquer Amazon sur Twitter, Donald Trump a régulièrement donné l’impression de rejeter les nouvelles technologies. Le premier sommet sur l’intelligence artificielle (IA) organisé début mai à la Maison-Blanche a donc soulagé le monde de la recherche et la Silicon Valley.

«Le fait que la Maison-Blanche se décide enfin à définir une politique en matière d’intelligence artificielle est certainement un développement positif», confie au Temps Subbarao Kambhampati, professeur à l’Arizona State University et président de l’Association pour l’avancement de l’intelligence artificielle (AAAI).

Lire aussi, en 2017: Le gouvernement américain néglige-t-il l’IA?

Le gouvernement américain a longtemps négligé l’IA, laissant la main aux entreprises privées, mais aussi aux autres puissances. La Chine s’est par exemple fixé l’objectif de devenir leader du secteur dès 2030. Emmanuel Macron a présenté pour la France un ambitieux plan d’investissement de 1,5 milliard d’euros (1,74 milliards de francs) sur cinq ans. Une somme proche de ce que le Royaume-Uni prévoit de dépenser pour ce domaine.

Faire confiance à l’économie de marché

De Google à Walmart en passant par Boeing ou MasterCard, les représentants de 40 des plus grandes entreprises américaines ont fait le déplacement à Washington pour écouter Michael Kratsios, chef du Bureau de la politique scientifique et technologique. «Nous ne sommes pas là pour conquérir des bêtes imaginaires. Nous n’allons pas régler des problèmes qui n’existent pas. Nous n’avons pas étouffé Edison sous la paperasserie quand il a inventé l’ampoule électrique», a annoncé l’un des conseillers scientifiques de Donald Trump. En clair: la Maison-Blanche fera confiance à l’économie de marché et n’écrasera pas l’innovation sous les régulations.

«Il est raisonnable de dire que nous ne comprenons pas assez les impacts de l’IA pour commencer à tout réguler tout de suite, reconnaît Subbarao Kambhampati. Mais rien n’empêche l’administration de prendre au moins une part active dans les discussions entre le secteur privé et la recherche», plaide le professeur. Barack Obama ne défendait pas une régulation à tout prix, mais il souhaitait une participation de l’Etat pour s’assurer que la technologie profite bien au plus grand nombre.

Si l’Amérique domine l’IA aujourd’hui, elle le doit d’abord aux milliards investis par les GAFA. Le risque, c’est que ce soit la Silicon Valley plutôt que le gouvernement qui forge le futur de l’IA. Et le monde de la tech lui-même souhaite que l’Etat lui donne une marche à suivre. «Sans une stratégie propre, le leader technologique mondial risque de se faire distancer», prévient Brian Krzanich, le patron d’Intel. Il loue l’exemple chinois qui «inclut des objectifs chiffrés et une direction détaillée sur des aires de travail spécifiques».

La politique migratoire de Trump, un handicap?

L’entreprise Nvidia invite de son côté le gouvernement à soutenir financièrement la recherche fondamentale, l’un des principaux moteurs de l’innovation. Les grands noms de la tech appellent aussi à un accès plus large aux données fédérales (la santé par exemple), les données étant au cœur du développement de l’intelligence artificielle. Sur ce plan, ils semblent avoir été entendus. En tout cas tant que les données ne compromettent pas la sécurité ou la vie privée des Américains, selon Michael Kratsios.

Washington a également promis la création d’un comité spécial consacré à l’intelligence artificielle. Il réunira des membres de l’administration issus de la défense, des sciences, de l’énergie et du commerce, chargés de déterminer les priorités gouvernementales en matière d’IA. Mais sans financements clairement définis, les spécialistes se demandent si ce comité ne se résumera pas à un effet d’annonce.

Subbarao Kambhampati s’interroge aussi sur un sujet oublié au cours du sommet. Alors que la recherche sur l’intelligence artificielle, particulièrement concurrentielle, doit mobiliser les meilleurs cerveaux de la planète, l’administration Trump ne se tire-t-elle pas une balle dans le pied avec sa politique migratoire restrictive? La réponse est à trouver dans le futur.

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