Le trafic passagers a légèrement augmenté l’année dernière à Genève Aéroport, qui a accueilli 17,9 millions de personnes, soit 1,4% de plus qu’en 2018. Malgré cette progression, la tendance est au ralentissement puisque la hausse avait atteint 1,9% il y a deux ans.

«C’est une tendance qui va persister et même se tasser. Dans les années à venir, nous pensons terminer entre +1% et +1,5%», a indiqué mardi en conférence de presse le directeur général André Schneider. Selon le patron de Genève Aéroport, le niveau de 25 millions de passagers en 2030 prévus dans la fiche du plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (PSIA) ne sera pas atteint.

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Des taux d’occupation «au-dessus de 90%»

Le nombre d’atterrissages et de décollages s’est replié de 0,6% à 186 000 environ, sous le niveau de 2014. «C’est une descente continue depuis pratiquement 2017», selon André Schneider. La baisse globale du nombre des atterrissages et décollages à l’aéroport de Genève confirme «une nouvelle fois le découplage entre l’évolution du nombre de passagers et celles des mouvements d’aéronefs», affirme Genève Aéroport.

«Bon nombre de nos compagnies, surtout celles importantes sur le site comme Easyjet et Swiss, peuvent montrer des taux d’occupation de leur avion au-dessus de 90%, ce qui est plutôt exceptionnel», a considéré André Schneider. Partant de ce constat, les prévisions de 236 000 mouvements d’ici 2030 ne paraissent plus réalistes au directeur général du tarmac genevois.

Les décollages non planifiés après 22h, source de tensions avec les riverains, ont reculé de 15,5% l’année dernière. Genève Aéroport ainsi que les compagnies aériennes Swiss et Easyjet ont signé en octobre dernier une déclaration visant à limiter les nuisances nocturnes. Ces vols indésirables ont ainsi reculé dans leur globalité de 5,2%, en prenant en compte une baisse de 3% des atterrissages après 22h. «Cette évolution semble se poursuivre», a affirmé André Schneider.

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Swiss gagne du terrain, Easyjet indétrônable

Dans son bilan annuel, l’exploitant du tarmac genevois constate une amélioration de la ponctualité au cours des 12 derniers mois. En tout, 73,5% des vols au départ de la Cité de Calvin ont accusé un retard inférieur à 15 minutes. Pour les arrivées, la proportion a atteint 76,6%.

Avec une part de marché de 44,8%, très proche des 45% de l’exercice précédent, Easyjet se taille toujours la part du lion à Cointrin. Les efforts menés par Swiss sur le site semblent porter leurs fruits puisque la compagnie aérienne pesait 14% l’année dernière contre 11,8% en 2018. L’aéroport permet de rallier 149 destinations. La relation Genève-Nairobi a notamment été ouverte en 2019.

L’activité de fret aérien s’est contractée de 10,9% l’année dernière, pour un total de 84 927 tonnes transportées. Entre 2017 et 2018, elle avait augmenté de 7,1%. André Schneider affirme que la baisse de 2019 s’inscrit dans une tendance européenne et s’explique par une base de comparaison défavorable.

Pas d’éléments nouveaux au sujet de l’initiative acceptée en novembre 2019

Questionné sur l’adoption, le 24 novembre, de l’initiative «Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève», André Schneider a botté en touche. «Cette votation concerne le canton, c’est un ajout à la constitution qui doit trouver une mise en œuvre à travers une loi ou un changement de loi. Je pars du principe que le canton y travaille.»

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«Je pense qu’on ne peut rien dire aujourd’hui. Nous n’avons pas le règlement d’application de cette initiative. Je pense que c’est prématuré d’affirmer quoi que ce soit», a renchéri la présidente Corine Moinat. Le texte demande un développement maîtrisé de l’aéroport afin que les nuisances qu’il génère soient aussi prises en compte.