Transports

L’aéroport de Genève croît moins que Bâle-Mulhouse mais davantage que Zürich

Tandis que Genève annonce une hausse de plus de 4% des passagers, Bâle-Mulhouse investit massivement dans ses parkings, y compris avec un système de réservation des places, et promet une intégration au réseau de transports publics

Les statistiques des trois aéroports suisses sont maintenant connues. Avec 620 000 voyageurs supplémentaires, le trafic passagers est en hausse de «plus de 4%» à l’aéroport de Genève en 2015, selon un communiqué. La progression est supérieure à celle de Zürich (hausse de 3,2%), mais inférieure à la moyenne européenne (5%) ainsi qu’à celle de l’EuroAirport de Bâle-Mulhouse (hausse de 8%). Selon l’aéroport de Genève, sa croissance positive «confirme l’attractivité et le dynamisme» du canton et de la région.

En Suisse, Zürich reste le leader en 2015 en termes de passagers, avec 26 millions, devant Genève 15,8 millions et Bâle 7,1 millions. L’aéroport de Genève présentera ses résultats le 6 avril en même temps que le palmarès des compagnies.

Les mouvements de vols commerciaux sont en hausse de 1,126% à Genève, 2% à Bâle-Mulhouse et en stagnation à Zürich. Enfin, le fret a progressé de 3% à Bâle-Mulhouse, mais reculé à Genève (-10,3%) et à Zürich (-4,2%).

83% des passagers de Bâle en transports privés

Lors d’une conférence de presse, mercredi, l’aéroport de Bâle-Mulhouse, a annoncé ses intentions d’investir un demi-milliard de francs ces dix prochaines années. L’EuroAirport est fortement axé sur les compagnies à bas coût. EasyJet détient une part de marché de 57% après une hausse des passagers de 12,4% en 2015.

La priorité au bas coût s’accompagne d’un investissement dans la qualité, selon la société. L’infrastructure a ainsi investi dans neuf véhicules de déneigement, mis en service cinq nouveaux bus aéroportuaires, achevé son nouveau concept de restauration, et elle doublera d’ici la fin 2016 ses capacités de tri-bagage.

L’EuroAirport a également la particularité de n’avoir que 17% des passagers à utiliser les transports publics. Il construit ainsi un parking à cinq étages pour 2500 places supplémentaires dès 2017, portant le total à 14 000. Bâle-Mulhouse introduit aussi un nouveau système de gestion du stationnement avec possibilité de réservation des places.

Retard pour le raccordement ferroviaire

L’aéroport binational, toujours en attente d’une solution à un conflit fiscal, cherche aussi à améliorer son accès au réseau ferroviaire. «Le plan de financement des études d’avant-projet a été bouclé fin 2015 et la somme manquante de 750 000 euros trouvée. Le projet a malheureusement deux ans de retard», indique Vivienne Gaskell, porte-parole. Il entre maintenant dans la phase d’étude préalable, devant durer environ deux ans, avant l’enquête publique prévue début 2018. La réalisation devrait être effectuée en 2020-22. Elle prévoit l’établissement d’une gare dans l’aéroport et d’une section de 6 km pour être reliée au trafic régional.

Selon la Basler Zeitung de jeudi, il n’est pas prévu d’arrêt pour le réseau de train rapide à l’EuroAirport en raison de la concurrence possible avec l’aéroport de Zürich. Les taxes pour les compagnies aériennes sont nettement inférieures à Bâle et plusieurs entreprises, à l’image de Aequor Technologies, privilégient le site rhénan.

Une liaison avec le réseau de trams bâlois est considérée par les autorités de Bâle-Mulhouse comme complémentaire au raccordement ferroviaire. Il est prévu, selon la BaZ, de prolonger la ligne 3 de 3 km pour la mener à la gare de Saint-Louis, la première ville française après la frontière, voire de prolonger la ligne 11 du réseau bâlois.

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