Appelée des vœux de tous les grands pays européens depuis plusieurs années, mais encore plus fermement depuis la fusion de Boeing et de McDonnell Douglas aux Etats-Unis, l'unification sous une seule société de l'industrie aéronautique européenne prend forme.

Vendredi, les quatre partenaires du consortium Airbus Industrie, soit le français Aérosptiale, l'allemand Daimler-Benz Aerospace (Dasa), le britannique British Aerospace (BAe) et l'Espagnol CASA ont conclu un accord de principe pour créer à terme une seule et unique entreprise européenne d'aéronautique et de défense.

Pas avant 1999

L'opération aura lieu au plus tôt au début de l'année prochaine. Car les industriels ne cachent pas qu'il reste d'importantes mises à niveau à effectuer pour que ce rêve politique devienne réalité. Mais le temps presse: avec la fusion entre Boeing et McDonnell Douglas, les Etats-Unis disposent en matière d'industrie aéronautique civile et militaire d'une force de frappe extraordinaire. Et d'une politique clairement définie par le Pentagone. Toutes choses impossibles avec l'actuelle composition du consortium Airbus, qui n'est qu'un groupement d'intérêt économique (GIE) et qui reste dépendant des politiques divergentes des Etats qui le dominent. Car si la volonté des Anglais et des Allemands de voir rapidement se mettre sur pied un pôle aérospatial civil et militaire a toujours été nette, les Français se sont jusqu'ici fait tirer l'oreille. Paris veut d'abord résoudre la fusion de ses propres industries (Dassault et Aérospatiale en particulier), et garder la mainmise sur le capital d'Aérospatiale.

Le développement très rapide des nouvelles entités américaines risque de faire changer d'avis la France. Vendredi, Paris accueillait le rapport conjoint des quatre groupes industriels «avec satisfaction; il marque la première étape d'un programme ambitieux.»

Le rapport n'en fixe pas pour autant de calendrier précis. Il laisse la porte ouverte à des marchandages politico-économiques, mais aussi à l'adhésion ultérieure d'autres groupes européens du secteur, comme le Suédois Saab, l'Italien Finmeccanica ou le Français Lagardère.