Ciment

LafargeHolcim essuie une perte de 1,72 milliard de francs en 2017

Le cimentier zurichois, né de la fusion en 2015 des groupes français Lafarge et saint-gallois Holcim, a vu son chiffre d’affaires net fléchir de 2,9% à 26,13 milliards de francs

Sous le coup de dépréciations d’actifs et des charges liées aux litiges et sa réorganisation, LafargeHolcim a plongé dans le rouge en 2017. Le géant zurichois, premier cimentier mondial, a essuyé une perte nette de 1,72 milliard de francs, contre un bénéfice net de 2,09 milliards en 2016.

La perte nette attribuable aux actionnaires du cimentier, né de la fusion en 2015 des groupes français Lafarge et saint-gallois Holcim, s’est, elle, inscrite à 1,67 milliard de francs, contre un bénéfice de 1,79 milliard un an auparavant, écrit vendredi la multinationale établie à Zurich. Le chiffre d’affaires net a fléchi de 2,9% à 26,13 milliards.

La perte nette reflète l’examen de plusieurs marchés et entités du groupe, lequel s’est traduit par une réévaluation des activités. L’analyse, qui a pris en compte les risques politico-économiques, a entraîné des dépréciations d’actifs de 3,83 milliards de francs, passés sur les comptes du 4e trimestre.

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Deux tiers de ce montant ont concerné les activités en Algérie, en Malaisie, en Irak, au Brésil, en Indonésie et en Egypte. Ajusté des cessions ainsi que de ces dépréciations, qui ont porté tant sur les actifs que les écarts d’acquisition dans le cadre de fusions, le bénéfice net a bondi de 11,3% à 1,42 milliard de francs.

Toilettage «de nature purement technique»

D’autres amortissements ne seront pas nécessaires, a estimé devant la presse à Zurich Jan Jenisch, le directeur général de LafargeHolcim depuis septembre dernier. Imprimant sa marque, l’ancien patron du fabricant de spécialités chimiques zougois Sika a qualifié ce toilettage du bilan comme étant de nature purement technique et permettant d’aller de l’avant.

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Les coûts liés à la réorganisation du groupe, aux litiges ainsi qu’à d’autres éléments non récurrents ont eux atteint 461 millions de francs, contre 582 millions en 2016. Ces charges, combinées aux dépréciations d’actifs, ont également entraîné LafargeHolcim dans le rouge au niveau opérationnel.

La perte d’exploitation s’est chiffrée à 478 millions de francs, contre un résultat positif de 2,96 milliards douze mois auparavant. Corrigé des dépréciations et charges exceptionnelles, l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) sous-jacent a progressé de 0,7% à 5,99 milliards.

La marge correspondante s’est, elle, établie à 22,9%, prenant 80 points de base. Cette croissance plus que proportionnelle de l’EBITDA, conjuguée à celle du chiffre d’affaires, offre une base solide au groupe, a jugé Jan Jenisch.

Perte importante au quatrième trimestre

Sur le seul 4e trimestre, LafargeHolcim a subi une perte nette de 3,12 milliards de francs, contre un bénéfice net de 453 millions entre octobre et décembre 2016. L’EBITDA sous-jacent a en revanche crû de 2,7% à 1,7 milliard, tout comme le chiffre d’affaires, qui a lui atteint 6,7 milliards.

Si la performance trimestrielle s’est révélée supérieure aux attentes des analystes sondés par l’agence financière AWP, les investisseurs ont sanctionné la lourde perte. Vers midi à la bourse suisse, le titre LafargeHolcim dégringolait de 4,6%.

Dans le détail des régions, la zone Asie-Pacifique a enregistré un tassement des revenus de 9,5% à 7,44 milliards de francs, alors même que ceux-ci se sont étoffés en Inde et en Australie. L’EBITDA a fléchi de 4,3% sous l’effet de coûts en hausse en Asie du Sud-Est.

En Europe, les ventes nettes se sont accrues de 2,1% à 7,17 milliards de francs, à la faveur notamment d’une accélération au 4e trimestre. En Amérique du Nord, les revenus ont augmenté de 1,4% à 5,66 milliards, tirant profit de la poursuite d’une bonne dynamique aux Etats-Unis.

Nouveaux objectifs pour l’horizon 2022

En Amérique latine, les recettes ont progressé de 6,1%, à 2,94 milliards de francs. L’EBITDA ajusté a lui franchi le cap du milliard, à 1,06 milliard. Dans un environnement difficile pour certains marchés, les ventes ont chuté de 13,5% à 3,37 milliards au Moyen-Orient et en Afrique.

Après avoir déjà réorganisé et réduit l’effectif de la direction générale du groupe, Jan Jenisch a présenté une nouvelle stratégie et de nouveaux objectifs pour l’horizon 2022. Le nouvel homme fort de LafargeHolcim entend appliquer les recettes qui ont contribué au succès de Sika.

La nouvelle orientation, qui vise la croissance et l’amélioration de la rentabilité, se concentre sur l’ajustement et la simplification des structures. Elle prévoit aussi de renforcer le contrôle de la direction générale sur un plus grand nombre d’entités géographiques.

L’opération, qui doit dégager des économies de 400 millions de francs par an, se soldera par la fermeture de sièges régionaux à Miami et Singapour. Le géant envisage aussi un retrait de deux à trois marchés.

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