Holcim Argentine, filiale du leader mondial du ciment LafargeHolcim, augmente la cadence. A fin 2017, le groupe franco-suisse issu de la fusion de Holcim et Lafarge en 2014 a annoncé un investissement de 120 millions de dollars en Argentine. Objectif: augmenter ses capacités de production. C’est l’un des plus importants investissements d’une entreprise suisse durant les dix dernières années dans le pays dirigé depuis fin 2015 par Mauricio Macri. «Le Mexique et l’Argentine se sont démarqués des autres pays d’Amérique latine en 2017. En Argentine, la forte demande de ciment et la reprise de l’activité de la construction ont été possibles grâce à l’amélioration de l’environnement politique et économique», souligne Carlos Espina, directeur de Holcim en Argentine.

L’investissement du leader mondial s’effectue dans son usine de Malagueño à Cordoba, deuxième poumon économique de l’Argentine après Buenos Aires. Il permettra d’augmenter les capacités de production de Holcim de 16% et de 5% pour l’ensemble du secteur au niveau national. Entre 300 et 600 emplois seront créés pour la réalisation des travaux. Ils ont démarré en début d’année et se termineront à fin 2019. «Une nouvelle ligne de production de clinker, un constituant du ciment, sera mise en service mi-2019. Quant aux installations de broyage de ciment, elles tourneront à pleine capacité dès fin 2019. A terme, cela générera 100 emplois directs et indirects dans l’usine», précise le directeur.

Essor des travaux publics

Carlos Espina observe une tendance à un essor de constructions industrielles et en particulier des travaux publics. «Au premier semestre 2017, le marché a été tiré par les travaux publics et au second, les travaux privés ont commencé à décoller. Pour 2018, nous estimons que les deux iront très bien», confiait-il en décembre dernier au quotidien argentin La Nacion.

Selon les indicateurs de la construction en Argentine publiés en janvier, le secteur a enregistré une croissance de 19% par rapport au même mois de l’an dernier. Depuis un an, la croissance mensuelle est supérieure à 10% et est ininterrompue. Entre janvier 2017 et janvier 2018, la consommation d’asphalte a grimpé de 40,7%, celle de ciment de 19,4%. Par ailleurs, en décembre 2017, près de 450 000 employés étaient actifs dans le secteur privé de la construction. En une année, environ 43 000 emplois ont été créés.

De son côté, Holcim Argentine emploie 1140 collaborateurs sur 10 sites de production. Le groupe a fait ses débuts sur le marché argentin en 1933, via une prise de participation dans l’entreprise locale Corcemar. Aujourd’hui, avec une production de 4,8 millions de tonnes de ciment en Argentine, il occupe le deuxième rang derrière Loma Negra, filiale du conglomérat brésilien Camargo Correa, et devant Cementos Avellaneda.

Bataille dans le secteur

Les trois acteurs principaux du secteur de la construction se livrent à une concurrence féroce. Avec cet investissement de 120 millions de dollars, Holcim Argentine augmentera sa production à 5,5 millions de tonnes. De son côté, Loma Negra veut également profiter du boom de la construction en Argentine. Via la vente d’actions sur les bourses de Buenos Aires et de New York, le numéro un en Argentine compte investir 350 millions de dollars pour augmenter ses capacités. Avec une production annuelle de 4,9 millions de tonnes, son site sera le plus grand dans le pays et l’un des plus importants en Amérique du Sud. Quant à Cementos Avellaneda, il compte dépenser 230 millions de dollars.