Les autorités américaines ont adressé des demandes d'informations à la banque d'affaires Goldman Sachs pour déterminer son rôle dans le scandale qui touche le fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB), a indiqué vendredi à l'AFP une source proche du dossier.

Les enquêteurs du département de la Justice (DoJ) et ceux de l'autorité des marchés financiers (SEC) ont adressé il y a quelques mois des assignations (subpoena) à la firme, a dit cette source sous couvert de l'anonymat.

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Des salariés interrogés

Les deux régulateurs veulent également interroger des salariés de Goldman Sachs, affirme pour sa part le Wall Street Journal, qui a révélé en premier ces informations.

Le DoJ et la SEC, qui fondent leurs actions sur la loi anti-corruption à l'étranger (Foreign Corrupt Practices Act, FCPA), veulent savoir pourquoi Goldman Sachs n'a pas signalé aux autorités des transactions jugées suspectes concernant des fonds levés lors d'émissions obligataires d'un montant total de 6,5 milliards de dollars au profit de 1MDB, selon la source. Goldman Sachs avait été mandatée pour organiser ces opérations et a perçu des commissions de quelque 590 millions de dollars.

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Transit par la BSI

Les fonds suspects auraient notamment transité par une banque suisse, la BSI, avant d'être envoyés pour partie vers d'autres comptes et de disparaître.

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Goldman Sachs coopère avec les régulateurs américains, a indiqué la source. La banque fournit également des informations au régulateur singapourien qui mène en parallèle son enquête, affirme pour sa part le Wall Street Journal.

Des sources proches du dossier aux Etats-Unis avaient déjà indiqué à l'AFP début mars que les enquêteurs voulaient entendre Tim Leissner, ex-président de Goldman Sachs en Asie du sud-Est, dans le cadre de leurs investigations.

Contactée vendredi par l'AFP, Goldman Sachs a refusé de commenter.


 

Rappel: un scandale malaisien

Le scandale 1MDB touche notamment le Premier ministre malaisien Najib Razak. Un versement de quelque 700 millions de dollars provenant de l'argent levé par 1MDB aurait été viré vers ses comptes personnels.

La semaine dernière, le DoJ a fait saisir des appartements de luxe, un jet privé et même des royalties du film «Le Loup de Wall Street», produit par une société ayant des liens avec 1MDB. De leur côté, les autorités singapouriennes ont saisi pour 163 millions d'euros d'actifs.

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Par ailleurs, la société de capital-investissement Primus Pacific Partners a déposé plainte à New York contre Goldman Sachs et M. Leissner, qu'elle accuse d'avoir dissimulé leurs liens avec M. Razak lors de l'acquisition d'une société par un établissement ayant des liens étroits avec deux frères du Premier ministre. Primus était actionnaire de la cible. Goldman Sachs a rejeté ces accusations.