Médias

L’affaire des écoutes téléphoniques ébranle l’empire de Rupert Murdoch

Les activités du magnat australo-américain génèrent annuellement 33 milliards de dollars. Après une chute la veille, les actions du groupe ont repris de la vigueur mardi.

News Corp. L’empire médiatique sur lequel le soleil ne se couche jamais. Le groupe de Rupert Murdoch possède des médias sur chaque continent. Le scandale des écoutes téléphoniques en Grande-Bretagne a bousculé l’apparente invulnérabilité du groupe.

Alors que le magnat australien comparaissait mardi avec son fils devant le parlement britannique, l’action du groupe se renflouait à la bourse de New York (+5,65% à 15,81 dollars). Une hausse du titre qui survient malgré des indicateurs à la baisse la veille.

L’action avait alors perdu 4,32% à New York, à 14,97 dollars, après une semaine en demi-teinte. Depuis le 4 juillet, date de l’irruption du scandale, la valeur boursière du groupe a subi une perte d’un milliard de dollars. Une évolution liée aussi à l’échec de l’acquisition de BSkyB, la chaîne de télévision qui compte 10 millions d’abonnés en Grande-Bretagne, et qui a généré des bénéfices de plus de 900 millions d’euros en 2010. Pour un analyste cité par l’AFP, l’action avait été survendue depuis plusieurs jours. Ce regain d’intérêt ce mardi pour l’action serait donc le fruit d’une chasse aux bonnes affaires.

Standard & Poor’s hausse le ton

Pour ne rien arranger, l’agence de notation financière Standard & Poor’s (S & P) a brisé la glace lundi soir, déclarant publiquement qu’elle envisageait d’abaisser l’appréciation de News Corp. Actuellement noté BBB +, le groupe pourrait être dégradé dans les jours qui viennent en raison du scandale et de ses implications politiques.

La décision de S & P «reflète l’augmentation des risques associés aux activités et à la réputation (du groupe) alors que les pour­suites judiciaires s’étendent», ­indiquait lundi l’agence. «La procédure judiciaire en Grande­Bretagne s’est amplifiée et les pressions provenant de parlementaires américains pour une enquête du FBI sont devenues plus intenses», ajoutait S & P.

L’agence de notation précisait encore que «toute condamnation judiciaire peut affecter de façon importante la réputation de l’entreprise, ce qui peut être plus dommageable que toute pénalité financière».

Sur le départ

D’autres voix estiment que l’annonce du Wall Street Journal, selon laquelle Rupert Murdoch songeait depuis plusieurs mois à quitter le navire, aurait contribué à redonner un coup de fouet au titre. «Avant même que ne surgisse le scandale ces semaines-ci, Rupert Murdoch, 80 ans, envisageait de démissionner de son poste de directeur général en faveur de Chase Carey, directeur de l’exploitation du groupe», écrit le journal, citant des sources proches du dossier. Pour Francesco De Stradis, analyste chez Ord Minnett, son départ de la direction du groupe serait perçu négativement par le marché. «Il a été la figure de proue et le chef d’orchestre de ce groupe depuis si longtemps. A court terme, cela créerait un vide et de l’incertitude et beaucoup d’investisseurs se détourneraient du groupe», a-t-il estimé.

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