Quelque 18 milliards de francs. C’est le «coût» en termes d’actifs sous gestion évaporés pour GAM suite à la saga financière zurichoise de l'été, l’affaire Tim Haywood, selon des chiffres publiés mardi matin. Des chiffres «largement en dessous des attentes», selon l’analyste Tomasz Grzelak de Baader Helvea. Au troisième trimestre, la plus importante société indépendante de gestion d’actifs en Suisse affichait ainsi une masse sous gestion de 146,1 milliards, contre 163,8 milliards fin juin.

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Conséquence: l’action a encore largement chuté, perdant 17% en début d'après-midi. Le coût boursier avait déjà été massif cet été et le titre vaut aujourd’hui moins de la moitié de son cours de début d’année (16 francs).

Lanceur d’alerte

Suspendu cet été après qu’un lanceur d’alerte a prévenu en juillet d’irrégularités dans la gestion des risques – les faits restent encore flous –, Tim Haywood était l’un des gérants stars: ses stratégies de placement figuraient parmi les plus importantes du groupe suisse. Inquiets de cette annonce restée relativement énigmatique, nombre de clients ont voulu retirer leur argent, au point que GAM a fini par décider de geler les retraits, provoquant une chute de son action. La société a ensuite décidé de liquider les fonds concernés.

Il ne reste presque rien de ces véhicules dits ARBF, pour «absolute return bond fund», c’est-à-dire supposés créer de la performance quelles que soient les conditions de marché. GAM fait état de 200 millions de francs d’actifs qui devront encore être liquidés au cours des prochaines semaines.

Retraits d’autres fonds

Mais les retraits vont bien au-delà des fonds ARBF. Ces derniers en expliquent 10,8 milliards, soit l’addition des sorties de fonds et de la liquidation des fonds. A ces chiffres s’ajoutent encore 5,3 milliards retirés à d’autres produits de GAM par des clients ayant perdu confiance dans le groupe.

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«Les conséquences de la suspension du gérant des ARBF ont marqué un sérieux revers pour GAM, a reconnu Alexander Friedman, directeur général du groupe, dans un communiqué. Nous avons des activités stables et diversifiées sur lesquelles nous allons continuer de nous appuyer», a-t-il voulu rassurer.

Tomasz Grzelak, de Baader Helvea, voit un point positif néanmoins dans les mesures de réductions des coûts annoncés par GAM, dont les détails devraient être publiés en début d’année prochaine. Il souligne une amélioration sur le plan des fonds sous gestion en octobre, avec des sorties nettes en diminution. «Nous continuons à nous attendre à beaucoup de volatilité dans le prix de l’action et préférons attendre une confirmation de la fin des sorties de fonds avant de se montrer plus positifs.»