Conjoncture

L'afflux de migrants n'a pas encore eu d'impact sur le marché du travail allemand

La solidité du marché du travail allemand s'est de nouveau confirmée en juin, avec un taux de chômage de 6,1%, alors que ni l'arrivée de nombreux réfugiés dans le pays ni le Brexit à venir ne montrent encore d'effet

Inchangé par rapport à mai, le taux de chômage est resté en juin à son niveau le plus bas depuis la réunification de l'Allemagne, avec 6,1% selon les chiffres publiés jeudi par l'Agence pour l'emploi. Le nombre de demandeurs d'emplois a diminué de 6'000 en juin par rapport à mai, à environ 2,61 millions de personnes.

«Le marché du travail continue de se développer de manière positive (...) La demande de main d'oeuvre est toujours aussi forte», a commenté dans un communiqué Frank Weise, le chef de l'Agence pour l'Emploi. Le taux de chômage brut, plus utilisé dans le débat public, a atteint 5,9% en juin. «Le marché du travail allemand est une véritable ancre de stabilité pour notre pays et pour l'Europe», a estimé dans un communiqué la ministre du Travail Andrea Nahles.

Les chiffres de juin «sont positifs», juge aussi Christian von Berg, économiste de BayernLB. Mais «il reste à voir dans quelle mesure la hausse de l'incertitude dans le sillage du vote sur le Brexit va influencer les projets d'embauche des entreprises allemandes», souligne-t-elle.

Un après Brexit

Pour Timo Klein, du cabinet de conseil IHS, la perspective du Brexit «va affecter la croissance économique allemande au cours des prochains trimestres» en dépit du prix bas du pétrole et des mesures de la Banque centrale européenne (BCE) qui soutiennent l'économie.

Le marché du travail allemand est une véritable ancre de stabilité pour notre pays et pour l'Europe

La grande solidité du marché du travail, couplée à des hausses du salaire et des coûts de l'énergie au plus bas, tire la consommation intérieure et par ricochet la conjoncture allemande. La première économie européenne a enregistré une croissance de 0,7% au premier trimestre mais devrait avoir du mal à maintenir ce rythme au deuxième trimestre, selon les spécialistes.Le faible chômage allemand s'explique en partie par la prolifération de petits boulots et emplois à temps partiel.

L'Allemagne a mis en place en janvier 2015 un salaire minimum généralisé, qui n'a pas conduit à une explosion du chômage comme redouté par ses détracteurs mais dont les conséquences exactes sur l'emploi et la compétitivité sont encore examinées. Ce salaire plancher passera de 8,50 euros à 8,84 euros bruts de l'heure en 2017.

Quid de l'intégration des réfugiés

Le niveau de chômage en Allemagne sera également influencé dans le futur par la réussite – ou non – de l'intégration sur le marché du travail des centaines de milliers de réfugiés de guerre arrivés ces derniers mois dans le pays.

Cet afflux de migrants n'a pas encore eu d'impact important sur le marché du travail en raison du temps nécessaire à ces personnes pour obtenir un titre de séjour puis, dans un second temps, profiter de formations et notamment de cours d'allemand. Les effets de ces arrivées «deviendront plus visibles dans les mois qui viennent», a affirmé la ministre du Travail.

L'intégration des migrants est l'une des pistes évoquées par le Fonds monétaire international, qui vient de mettre en garde l'Allemagne concernant son besoin «urgent» de réformes. Selon les projections du FMI, la main d'oeuvre va commencer à diminuer en Allemagne vers 2020 et «va descendre à un rythme accéléré lorsque les flux migratoires vont se stabiliser», menaçant «sur le long terme la pérennité du système de sécurité sociale et les finances publiques en général».


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