Mai 2006, le plus mauvais mois boursier depuis quatre ans, a ébranlé le moral des investisseurs. Simple correction d'une dizaine de pour cent ou marché baissier de plusieurs mois, la question est âprement débattue.

Pendant dix jours, la chute a été brutale. Elle a coûté 8,5% au SMI, l'indice des grandes valeurs suisses, 14,5% aux actions brésiliennes et 11% à l'or. Par la suite, les marchés financiers ont rebondi, puis aussitôt rechuté. Mercredi, les investisseurs n'avaient toujours pas retrouvé leur boussole. Le SMI a ouvert en baisse de 1,2% pour clôturer en hausse de 0,9%. L'incertitude a remplacé la confiance.

Au final, toutefois, mai ne semble pas avoir fait de dégâts irréparables dans les portefeuilles. Les actions suisses concèdent 5,8%. Leurs homologues américaines s'en tirent par une dépréciation somme toute modeste de 3,5%. Les marchés émergents souffrent davantage: Moscou recule de 11,9% et le Brésil de 8%. Mais ces marchés conservent des gains de respectivement 29,8% et 10,7% depuis le début de l'année.

La baisse des matières premières a alimenté nombre de commentaires depuis deux semaines. Deux métaux sous la lumière des projecteurs dans la phase de hausse, le cuivre et le zinc, ont subitement décroché de 12% et 15%. Mais ils finissent quand même le mois sur des progressions à deux chiffres (11% et 14%). Leurs cours avaient fortement grimpé début mai et ont vigoureusement rebondi ces dix derniers jours. Après des hauts et des bas, l'indice CRB des matières premières s'affiche en hausse de 1,2%. Le pétrole, en revanche fait un repli de 6%.

Les obligations n'ont pas été épargnées par la volatilité ambiante. Au Brésil, les rendements obligataires sont passés de 6,7% à 7,5% avant de redescendre à 7,2%. Cette hausse de 54 points de base les ramène à leur niveau de décembre dernier. Dans les pays développés, les rendements se sont d'abord élevés en raison de peurs inflationnistes avant de perdre du terrain sous l'effet d'une fuite vers la qualité. Ils ont ensuite battu en retraite sous l'effet de craintes que la conjoncture américaine ne faiblisse trop. Les taux suisses à 10 ans terminent ce mois riche en sensations 4 points de base plus bas. Un mouvement insignifiant.