La Mauritanie pompe du pétrole depuis février. Les négociations avec plusieurs compagnies dont Woodside (Australie), Dana (Grande Bretagne), CNPC (Chine), Total (France) et Repsol (Espagne) ont commencé beaucoup plus tôt. Ainsi, les contrats sont basés sur un modèle qui date des années 1990

«Le but alors était de leur donner beaucoup d'avantages et de les attirer chez nous, explique Aboubakr Ould Maroini, directeur de la Société mauritanienne des hydrocarbures. Aujourd'hui, nous travaillons sur un nouveau modèle de contrat qui préconise un meilleur partage des bénéfices, tout en restant attractif pour les investisseurs.» Selon les contrats actuels, entre 50 et 60% des revenus couvrent les investissements, le restant est divisé entre l'Etat (30%) et les entreprises (70%).

La Mauritanie ne fait pas exception. Plusieurs Etats africains producteurs de pétrole renégocient les contrats avec les multinationales. Ils suivent l'exemple d'autres pays (Russie, Etats-Unis, Venezuela, Bolivie, Equateur, Philippines), qui revendiquent un meilleur partage de revenus de leurs ressources naturelles. D'autant plus que les compagnies enregistrent des profits record ces dernières années.

Le Tchad vient de réussir un coup de force vis-à-vis d'Exxon (Etats-Unis) et de Petronas (Malaisie), en imposant un nouveau contrat qui préconise une meilleure distribution des bénéfices. Ces compagnies viennent aussi d'accepter de payer des impôts.

«Plusieurs pays africains ont cédé leurs ressources naturelles aux multinationales en échange d'un droit d'exploitation fixe et c'est tout, explique Benoît Koukebene, ex-ministre des Hydrocarbures au Congo-Brazzaville. Du coup, ils ne profitent pas du boom des matières premières.»

Face à ce mouvement, les multinationales n'ont pas le choix. Total (France), un acteur majeur en Angola, au Soudan, en Mauritanie, au Congo et en Algérie, admet la nécessité d'un partage plus équitable des bénéfices. «En Bolivie, nous avons accepté de renégocier le contrat sur la base de l'augmentation des prix pétroliers sur le marché international. Cela nous permet surtout de rester sur place et de poursuivre nos activités», explique un porte-parole.