Amazon, Apple et autres Google ne se partageront pas le marché du livre numérique romand. L’Office du Livre de Fribourg (OLF), qui propose notamment une plateforme de diffusion aux librairies physiques de catalogues numériques, a été vendu par le groupe Lagardère, entre autres propriétaire de Payot et de Hachette, à Patrice Fehlmann, directeur général de l’OLF. Le montant de la transaction? «Ce n’est pas ce qui est le plus important ici, répond le futur propriétaire de 61 ans, qui entrera dans ses nouvelles fonctions dès septembre. Ce qu’il faut relever, c’est que le groupe Lagardère a entendu mon message qui consiste à défendre le livre dans toute la Suisse romande [ndlr: un marché à 80% d’importation], ces cinq à dix prochaines années.»

Bilan: le risque de délocalisation ou de revalorisation immobilière est écarté. L’OLF maintient ainsi ses 150 places de travail à Fribourg, et François Fehlmann devient locataire du groupe Lagardère, propriétaire des immeubles.

«Toute autre solution n’aurait pas offert les mêmes garanties», estime le distributeur et diffuseur de livres. En vendant son entreprise à son directeur général, le groupe Lagardère a semble-t-il valorisé le travail au détriment du calcul financier.

Une opération discrète

Le géant des médias et de l’édition a annoncé l’an dernier le repositionnement de sa filiale Lagardère Services dans la distribution de voyages. «Il valait donc mieux ne pas crier sur les toits que nous étions à vendre, indique François Fehlmann. C’était à mon avis le meilleur moyen pour s’assurer de garder nos postes à l’OLF.»

L’entreprise dégage un chiffre d’affaires annuel de 80 millions de francs, sur un marché du livre qui pèse, lui, 200 millions. Son tapis de tri acquis en 2003 pour environ 4 millions de francs permet l’envoi jusqu’à 60 000 livres par jour. Pour l’heure, la distribution moyenne s’établit à 30 000 livres par jour.