Cette bataille-là était, pour l’élite politico-médiatique française, presque aussi importante que celle menée contre l’épidémie de Covid-19. Sorti vainqueur, à la mi-journée, du conflit qui l’opposait au fonds britannique Amber pour le contrôle de son groupe Lagardère-Hachette (6,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019), Arnaud Lagardère peut être satisfait. Malgré l’étalage dans les médias depuis plusieurs semaines de son train de vie dispendieux et de ses qualités douteuses de grand patron, sa fine analyse des enjeux de pouvoir en France et sa capacité à s’attirer les bons alliés lui ont permis de survivre.

Toutes les motions présentées par le fonds britannique Amber (18% du capital, 14% des droits de vote) ont été rejetées et aucun des représentants de cet actionnaire n’a été élu au conseil de surveillance. Une victoire acquise par Arnaud Lagardère grâce à trois hommes clés: l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, le magnat Vincent Bolloré (groupe Bolloré-C8-Vivendi-Canal Plus) et le très influent Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac).