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Le journal basé à Lausanne a été placé en sursis concordataire.
© Keystone / Laurent Gillieron

Médias

L’Agefi a été placé en sursis concordataire

Le Tribunal d’arrondissement de Lausanne a accordé un sursis concordataire de six mois au journal d’informations financières. Cela devrait permettre de clarifier la situation actionnariale du titre mais certains créanciers pourraient ne pas toucher l’intégralité de ce qui leur est dû

Nouveau chapitre dans la saga de L’Agefi. Le 30 mars dernier, le journal spécialisé dans l’actualité économique et financière basé à Lausanne a obtenu un sursis concordataire de six mois. L’information, parue dans le Registre du commerce mercredi, a été confirmée par l’administrateur-délégué et actuel rédacteur en chef du titre, François Schaller.

Ce sursis devrait permettre de clarifier la situation de l’entreprise en difficulté financière. Il a été demandé par l’entreprise «pour rendre possible une ou des offres de reprise des activités de L’Agefi avec paiement des créances obligatoires et privilégiées sans devoir reprendre l’intégralité des créances ordinaires», précise François Schaller dans un courriel.

Vers un abandon partiel des créances

Dans les faits, cela signifie d’une part que les charges sociales et les salaires en retard (qualifiées de créances obligatoires et privilégiées) seront payés intégralement, mais que les autres dettes (aux imprimeurs et aux agences, par exemple) pourront ne pas être intégralement remboursées. «Nous discuterons avec les créanciers en vue d’un abandon partiel des créances», confirme François Schaller.

Cela confirme d’autre part que l’homme d’affaires Antoine Hubert, qui détient actuellement 49% de l’entreprise via sa société Aevis Victoria, maintient son offre de reprise de la totalité des activités de L’Agefi annoncée en fin d’année dernière déjà. Si cette offre est acceptée, il entend transférer tous les actifs de l’entreprise dans une nouvelle entité. «La société actuelle sera liquidée dans le cadre du sursis concordataire après paiement (par le repreneur, en principe) des créances obligatoires et privilégiées», résume François Schaller.

Les salaires seront payés dans leur intégralité

Cette opération devrait ainsi permettre à Antoine Hubert de reprendre l’intégralité du titre via une nouvelle société en abandonnant son projet initial de recapitalisation. Ce dernier – qui n’a pas pu répondre à nos questions étant en voyage à l’étranger – est actuellement co-actionnaire de l’entreprise avec son homologue Alain Duménil, qui, lui, en contrôle 51%. «Cela permettra enfin de démêler ce sac de nœuds qu’est L’Agefi», image un proche du dossier.

Les quelque 30 employés (dont 11 journalistes) que compte la société recevront donc leurs salaires dans leur intégralité, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. «Certains salaires mensuels de l’année dernière font aujourd’hui partir des créances privilégiées qui devront être payées», note François Schaller. Qui ajoute que, depuis la demande de sursis concordataire, «les salaires ont été payés chaque mois».

Nouveau projet rédactionnel

Fin mars, des changements ont également été annoncés au niveau de la rédaction. D’ici à la fin du mois, le titre présentera en effet un nouveau projet porté par le conseiller national Fathi Derder (PLR/VD) et futur rédacteur en chef de L’Agefi. Ce dernier, qui entrera en fonction le 1er mai prochain, ne souhaite pas commenter les procédures évoquées ci-dessus mais se montre en revanche plus prolixe sur ses ambitions en matières de contenus.

«Nous voulons nous recentrer sur l’actualité des entreprises», soutient-il par téléphone, en insistant sur sa volonté de «rééquilibrer» les choix rédactionnels. Car si, aujourd’hui, L’Agefi est surtout connu pour ses sujets à forte orientation financière, le titre devrait à l’avenir se tourner vers des problématiques touchant plus directement l’économie réelle. «Sans compter que nous voulons devenir plus qu’un média et rassembler une véritable communauté d’entrepreneurs autour de nous, avec, par exemple, des événements», promet Fathi Derder.

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