L’Agefi va procéder à une augmentation de son capital

Presse Le journal économique connaît des difficultés financières

En proie à des difficultés financières, L’Agefi a décidé d’augmenter son capital. Contacté mercredi, François Schaller l’a confirmé au Temps. «Rien n’est encore signé, précise toutefois le rédacteur en chef et administrateur délégué de la société anonyme. Cette augmentation est en cours de formalisation.» Mais selon lui, ce ne serait qu’une question de jours. «Les retards de paiements pourront alors être réglés dans la foulée», conclut François Schaller, tout en précisant que «l’existence de L’Agefi n’est en rien menacée» et que «les actionnaires sont totalement au courant des problèmes du journal».

Début avril, le magazine Bilan a révélé que la société éditrice du quotidien économique et ses six magazines était poursuivie par son ancien imprimeur Atar Roto Presse pour des impayés de 190 000 francs. Soit deux mois de parution environ. Une ardoise de 272 000 francs réclamés par la Caisse de compensation AVS ainsi que 60 000 francs dus à l’Administration fédérale des contributions ont également été évoqués.

Comme l’avait alors expliqué François Schaller, les problèmes de trésorerie du journal financier – et par conséquent la nécessité de recourir à une augmentation de capital – sont étroitement liés aux déboires judiciaires d’Alain Duménil, actionnaire majoritaire de L’Agefi depuis 2009 avec 51% des parts. Résidant à Crans-Montana, ce Franco-Suisse est soupçonné par la Division affaires pénales et enquêtes (DAPE) d’avoir soustrait près de 54 millions de francs au fisc. En novembre 2013, l’Administration fédérale des contributions a ainsi ordonné un séquestre de ses biens pour 25 millions de francs.

Alain Duménil «empêché» d’y participer

Alors qui seront le ou les futurs actionnaires de L’Agefi? Et pour quel montant? Questionné, François Schaller ne livre aucun détail. Alain Duménil explique être «empêché d’y souscrire». «Vous n’êtes pas sans ignorer que la DAPE bloque depuis un an et demi mes avoirs sans avoir pu démontrer la moindre preuve à ses soupçons, répond-t-il par e-mail. En dépit du principe de présomption d’innocence, l’administration fédérale m’accule et me place dans une situation financière telle qu’elle m’oblige à revoir ma participation dans L’Agefi, dont je suis l’actionnaire majoritaire.»

Reste alors Aevis Holding, autre actionnaire principal avec 49% des parts. Active dans l’hôtellerie et la santé principalement, avec Genolier Swiss Medical Network, second groupe de cliniques privées en Suisse, elle est dirigée par l’homme d’affaires valaisan Antoine Hubert. Contacté mercredi, ce dernier affirme cependant qu’Aevis ne participera pas à l’augmentation de capital. «Depuis qu’elle n’est plus actionnaire majoritaire de L’Agefi [c’est elle qui a cédé 51% des parts à Alain Duménil en 2009, ndlr], Aevis n’a plus vocation à investir dans le secteur de la presse», explique-t-il.

Antoine Hubert n’exclut toutefois pas d’investir à titre personnel dans le titre financier. «J’attends de voir quel sera le projet définitif, poursuit-il. Tout dépendra du business plan présenté par le management.» Avant de préciser: «Je ne me fais pas de soucis pour L’Agefi. Suite aux déboires financiers du début d’année, nous avons reçu beaucoup d’appels spontanés de la part d’investisseurs potentiellement intéressés.»